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il était indolent,apathique et se souciait fort peu du sort de l'Etat. Que lui importait après tout? Ce fut là certainement la principale cause de la décadence de la Prusse en 1806. Il faudra les réformes sociales de Stein et de Hardenberg pour relever les forces des paysans et de l'Etat.
Mais avant d'aborder l'étude de ces importantes réformes, nous voudrions, pour terminer ce chapitre, dire quelques mots de la classe oppressive, de l'aristocratie foncière.
A la fin du xvine siècle d’après l'ouvrage de M. Cavaignac, cette classe des nobles était très peu nombreuse ; 1l ÿ avait environ 9.000 biens nobles en Prusse sur 10 millions d'habitants, soit une proportion de 0,09 0/0. Les nobles ont donc des biens immenses et, au nombre de quelques milliers, ils oppriment des millions de paysans. Cependant, malgré cette supériorité écrasante, les nobles ont pgu d’argent disponible. En Pologne, l'aristocratie était extrèmement pauvre, elle vivait en haïllons, tellement orgueilleuse qu'elle préférait aller nu-pieds que de mettre les chaussures du paysan.
Comment expliquer cette situation ? D'abord les biens nobles sont à très bas prix, car l'Etat défendant au paysan de les acheter, le marché en était très restreint et longtemps la monar-
chie se montra impitoyable dans Papplication de cette règle.
Mais, dira-t-on,le hobereau avait la maind'œuvre gratuite ! Sans doute, mais la corvée causait beaucoup plus de mal au serf qu’elle ne rapportait de profit au seigneur. Puis, si la guerre éclatait, le noble allait à l’armée, souvent son domaine était dévasté pendant son absence. Quand il revenait, la terre était toujours là, mais improductive, il avait besoin d’argent et ne pouvaiten trouver.
Cette situation était même à certains moments si critique, que le Roi est souvent venu en aide à l'aristocratie besogneuse. Frédéric Il prit sur sa caisse plusieurs millions qu’il lui prêta au taux de:1 0/0, et ce système de prêts dura jusqu’à ce que Frédéric IT, puis Frédéric Guillaume Il imaginèrent un autre moyen de secours, considéré comme l’origine du crédit agricole en Allemagne.
Un ministre de Silésie, du nom de Carmer, avait, en 1769, fondé dans cette province des associations de propriétaires (1) nobles, afin de constituer des banques de crédit agricole ou Landschaften. Ces banques prêtaient aux nobles
1. L'idée première de ce système appartient, dit-on, à un un négociant de Berlin, appelé Bühring.