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LA RÉFORME AGRAIRE DU MINISTÈRE DE HARDENBERG

De novembre 1808 à juin 1810 vécut un ministère, qui passe presque inaperçu dans l’histoire, mais qui eut cependant le mérite de préparer la réforme d’Hardenberg, c’est le ministère Altenstein-Dohna. La question des droits de police et de justice des seigneurs fut remise en discussion, on étudia les moyens de rendre le paysan propriétaire ; le ministre von Dohna s’intéressait beaucoup à ces réformes et se proposait d'y donner suite quand il fut remplacé par Hardenberg,

Le nouveau ministre, chancelier d'Etat, Hardenberg, était imbu des idées de la Révolution et résolu d’en faire en Prusse une sage et salutaire application. Son but immédiat fut de compléter l’œuvre de Stein, en étendant aux paysans des domaines privés la réforme que

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celui-ci avait faite en transformant, sur les domaines royaux, un grand nombre de tenanciers en petits propriétaires libres.

Hardenberg rendit les plus grands services, mais sa légèreté d'esprit qui lui fit tant de torts dans sa vie privée, ses complaisances mondaines qui dégénéraient souvent en faiblesse, compromirent le succès de ses meilleures combinaisons.

Peu après son arrivée, une Commission de législation fut constituée et un projet de nouvelles réformes fut émis par ses membres :

Borsche, Beuth, Lavenberg (1). Ce projet très radical accomplissait une véritable révolution. En voici la teneur :

Tous les tenanciers sans exception devenaient propriétaires de leurs tenures (la noblesse reconnaissait là « le souffle empoisonné de la « législation française »). Quant au droit de copropriété des seigneurs, on l’annulait sans indemnité et même un conseiller, Scharnweber, voulait aller plus loin et faire du simple fermier un propriétaire. Le projet donnait aussi une solution à la question du rachat des corvées et charges foncières. Sur un registre foncier, créé à cet effet, on devait inscrire : d’une part, les

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