‹ La Condition des Paysans et les Réformes Agraires en PrusseChapitre 37 sur 68 · Knapp, op. cit., IL, p · texte numérisé non relu

Knapp, op. cit., IL, p

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formant tous ces petits tenanciers en propriétaires libres sans indemnité et liquidant toutes les corvées et charges féodales, aurait été un événement aussi grave que ce qui s'était passé chez nous en 1789.

Qu'allait faire le chancelier Hardenberg ?

Ce ministre aux idées libérales ne pouvait manquer d'approuver le projet, mais sa volonté était trop faible pour le faire réaliser. Cependant il est juste de reconnaître qu'il n'avait aucun moyen d’action à sa disposition et que l’aristocratie usa de sa puissance pour faire échouer la réforme. Enfin le projet ayant été désapprouvé par les « députés du pays » (1), Hardenberg dut s’incliner.

Tout fut à recommencer et la question soumise à l'examen d'une nouvelle Commission composée mi-partie de fonctionnaires, mi-partie de membres choisis parmi les députés ; c’està-dire tous fonctionnaires ou nobles.

La réforme allait donc prendre une nouvelle orientation. Cependant, au sein de cette nouvelle Commission, il y avait un homme très compétent en ces matières, c'était Scharnweber, « l’alter ego du chancelier pour les questions se « rapportant à la réforme agraire » (2) Mais ce

1. Premier essai du régime parlementaire en Prusse. 2. Knapp, op. cit., I, p. 164.

Congnet 7

Brit y

commissaire, trop libéral au gré de l’aristocratie, ne tarda pas à être éliminé. Celle-ci redoublait d’ardeur pour défendre ses intérêts, l’institution de la propriété libre surtout l’exaspérait ; le Landraih Dewitz disait::« Si le possesseur de « biens nobles n’a plus le droit d’expulser ses « tenanciers, tout le charme du séjour sur ses « terres sera perdu pour lui ». D’autres ajoutaient : « Du jour où nous aurons pour voisins « des propriétaires ruraux indépendants, nos « biens deviendront pour nous un enfer » (1).

Cependant, la noblesse continuait à jouir d’un privilège qu’on retrouve universellement dans l’ancien régime, c'était lexemption de l'impôt foncier. Au début sans doute, il y avait une compensation à ce privilège, c'était le service militaire que le seigneur devait au Roi. Cette obligation était si bien la représentation de l'impôt que l’exemption de la taxe foncière était limitée à une certaine étendue de terres; pour le surplus le seigneur devait l'impôt. Mais peu à peu le privilège devint exorbitant, tout le domaine futexempt. Enfin des troupes mercenaires ayant remplacé les chevaliers, la légitimité même de l'exemption disparut.

Même dans les régions où le Roi réussit à

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