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soit environ ‘la ‘moitié. La différence revint à l'aristocratie foncière qui augmenta d'autant ses propres domaines Etencore, ces biens que les tenanciers avaient acquis en toute propriété, leurs nouveaux propriétaires, mal protégés par la loi et le gouvernement, et bientôt ruinés, furent obligés de les vendre à la noblesse.
‘ De sorte que les bénéfices les plus clairs de la réforme furent pour l’aristocratie foncière. Que sacrifiait-elle en effet? Un droit de copropriété — et encore tout théorique — sur quelques grosses tenures. En compensation, dans la.
période qui s'étend de 1816 à 1850, elle doubla son domaine.
Bientôt, done, on retomba dans l’ancien état de choses. L'extension des nouveaux domaines nobles nécessitait de nouveaux bras pour les cultiver ; les seigneurs les trouvèrent chez les propriétaires paysans ruinés et obligés de louer leurs services en échange d’un maigre salaire en nature. Ces nouveaux travailleurs furent les ancêtres de la classe des journaliers ruraux d'aujourd'hui et appelés Znsleute.
Ainsi l’idée de Hardenberg était loin de s'être réalisée comme l'aurait désiré son auteur. Le chancelier pensait que le paysan s’affranchirait des corvées et autres services en payant une indemnité — qu’il abandonnerait une partie de
la tenure qu'il possédait à titre précaire, pour garder le reste à titre de propriétaire libre. Mais deux obstacles étaient venus arrêter ce plan hardi : d’une part la résistance de la noblesse, d'autre part la faiblesse de caractère d’'Hardenberg. À quoi sert d’avoir des vues larges et pénétrantes, si on n’a pas le courage de les faire adopter et appliquer ? Cependant il est juste de reconnaître que la volonté d’un seul homme, fût-1l chancelier d'Etat, ne pouvait avoir une grande autorité sur l'aristocratie foncière. Elle aurait eu besoin d’être fermement soutenue pour triompher de la résistance de la puissante caste des propriétaires fonciers. Or, ce soutien, qui pouvait le lui fournir ? Ce n’était pas le Roi, ce n'étaient même pas les paysans intéressés, ils en étaient incapables. Dans ces circonstances, il fallait bien s'incliner.