‹ La Condition des Paysans et les Réformes Agraires en PrusseChapitre 44 sur 68 · LA RÉFORME DE · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DE

Ce régime de servitude dura, à la plus grande satisfaction de la noblesse jusqu’en 1848. A cette époque survint la grande crise politique qui fut en même temps une crise sociale et une crise agraire. Les paysans, au contact des lumières de la civilisation de plus en plus brillantes, sentirent plus lourdement le poids de l’oppression qui les écrasait, ils s’unirent (Rustikalvereine) et même parfois se révoltèrent. Le mouvement fut sans doute assez rapidement arrêté, mais il est plus facile de réprimer une révolte que de détruire une idée. De graves inquiétudes sub-

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sistèrent et elles décidèrent en 1850 le roi Frédéric-Guillaume IV et son ministre Manteuffel, presque malgré eux, à compléter la réforme de Hardenberg.

De longues et nombreuses délibérations occupèrent les Chambres prussiennes (1). On cherchait un procédé plus logique et plus politique qu’en France pour affranchir la terre et les paysans.

On sait qu’en France, l’Assemblée constituante avait fait une distinction subtile entre les droits des seigneurs : il y avait les droits qui étaient censés avoir été imposés, procédant de ce qu’on appelait la « féodalité dominante » et les droits qui semblaient provenir d’un contrat intervenu entre le propriétaire et le tenancier, procédant de ce qu’on appelait la « féodalité contractante ». Les premiers furent déclarés abolis sans indemnité; quant aux seconds, ils devaient être rachetés par le tenancier. Mais la classification de ces droits était assez délicate; néanmoins on parvint à ranger dans les droits procédant de la « féodalité dominante » : le servage ; la mainmorte; les droits de chasse, de colombier, de déshérence, de bâtardise, d'aubaine, d’épaves;

1. La constitution parlementaire de la Prusse date du 31 janvier 1850.

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