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Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, . II

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partaient en guerre avec leurs esclaves sans pour cela les affranchir. Mais deux motifs rendent cette comparaison impossible. D’abord la Grèce antique était un pays fertile, où les moyens de communication ne manquaient pas grâce à la mer, où par conséquent il y avait assez de subsistances pour nourrir une nombreuse population d’esclaves. Transportonsnous maintenant au moyen-âge, dans ces contrées où les terres sont le plus souvent incultes, les routes rudimentaires, il sera facile de nous figurer les difficultés qu'il y avait à entretenir des esclaves. Ceux qui ne servirent pas le seigneur comme gens d’armes furent attachés à la glèbe en qualité d’esclaves-immeubles ou serfs. En second lieu pour avoir beaucoup d'esclaves, il faut pouvoir les renouveler facilement surtout quand les guerres en font une large consommation, et réciproquement quand on est à même de s’en procurer à volonté de nouveaux, on attache beaucoup moins de prix aux êtres humains dont on dispose, et la condition de ceux-ci s’en ressent. C’est ce qui explique en partie pourquoi, dans les pays du moyen-âge qui, comme la Grèce, jouissaient de voies de communication faciles avec l’extérieur, l’esclavage : personnel alimenté par de nouvelles recrues du dehors dura plus longtemps que dans des pays

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compacts, isolés et continentaux comme lAlle magne.

Enfin des maux si communs au moyen-àge, comme les famines, la peste, etc., inspirèrent à beaucoup de maîtres la crainte de la fin du monde et ceux-ci dans un but d’expiation affranchirent leurs esclaves.

Telles furent les causes principales et générales qui déterminèrent la suppression de l’esclavage au moyen-âge. Elles exercèrent leur action aussi bien en Allemagne qu'ailleurs.

Mais 1l y eut dans ce dernier pays des causes secondaires et spéciales qui tantôt accélérèrent, tantôt retardèrent les affranchissements.

SECTION II

Causes spéciales à l'Allemagne

Dans l’ancience Germanie devenue plus tard Allemagne où se forma la monarchie prussienne, l'esclavage n'existait pas et fut importé de l'Occident, de la Gaule romaine. L’esclavage domestique était un luxe inconnu des barbares, habitants des forêts ; quant à l'esclavage rural, il n’était pas dans leurs habitudes. « Le riche « barbare était servi par des personnes libres,

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« par les fils de ses proches, de ses clients et « de ses amis ; le penchant de ses mœurs natio- « nales, contraire à celui des mœurs romaines, « le portait à reléguer l'esclave hors de sa mai- « son et à l’établir comme laboureur ou comme € artisan, sur une portion de terre à laquelle il « se trouvait fixé... L’imitation des mœurs ger- « maines par les nobles gallo romains fit passer « beaucoup d'esclaves domestiques de la ville & à la campagne et du service de la maison au « travail des champs ».

Mais une fois implanté en Allemagne, l’esclavage y fleurit comme ailleurs, v subit les mêmes vicissitudes, enfin y disparut pour les mêmes causes qu'ailleurs, sauf l'influence de quelques faits spéciaux à ce pays que nous allons voir.

Le premier de ces faits est l'invasion des slaves et des Hongrois qui remplit de terreur les habitants de l'Allemagne, terreur superstitieuse qui faisait prendre ces barbares pour des démons apportant avec eux la fin du monde. Aussi, soucieux du salut de leur âme, les maîtres multiplièrent les affranchissements Mundi termino appropinquante.……. pro salute animæ mew. Mais ce mouvement fut de courte durée et cessa quand les empereurs victorieux réduisirent en esclavage des milliers de prisonniers barbares. Henri l'Oiseleur, dans une seule victoire, en captura,

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