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LES APTITUDES NATURELLES DE L'HOMME

Les aptitudes naturelles de l'homme : le libre arbitre et l'instinct.

Le contraste que je viens de signaler abaisse parfois l'homme au-dessous de l'animal. Ce dernier, en effet, n'est jamais l'artisan de son propre malheur; et, guidé par un instinct infaillible, il ne manque pas de s'assurer les satisfactions que lui présente la nature. En pareil cas, au contraire , l'homme abandonné à son impulsion naturelle choisit, selon les cas, soit « le bien », soit « le mal » , pour l'individu ou pour la société.

Cette faculté de choisir entre le bien et le mal est l'aptitude caractéristique de l'homme. Elle a pour nom « le libre arbitre ». Dans ses diverses manifestations, ce principe de liberté n'agit pas avec la même énergie. Il est parfois presque annulé par l'instinct. C'est ainsi que peu de mères se sentent libres d'abandonner leurs nouveau-nés. Souvent aussi, l'exercice du libre arbitre est faussé par l'ignorance , le vice et l'erreur.

Les défaillances naturelles de l'homme et le vice originel.

Livré à ses tendances natives, l'individu fait rarement un choix judicieux entre le bien et le mal.

L'animal trouve toujours en lui-même la règle de ses actions. Au sortir de son enveloppe natale, le petit de l'abeille, guidé par l'instinct, prend son vol et entreprend sans hésitation la récolte nécessaire à la communauté. Il n'en est pas de même pour l'homme. L'enfant reste longtemps incapable de subvenir à ses propres besoins. Il n'est pas seulement inutile à sa famille; il est à la fois une charge et une gêne pour sa communauté naturelle : car il y apporte, dès sa naissance , des ferments d'indiscipline et de révolte. Dans les sociétés les plus prospères, la venue des enfants est, à vrai dire, une invasion de petits barbares: dès que les parents tardent à les dompter par l'éducation, la décadence devient imminente.

Ce penchant inné des enfants vers le mal a toujours été un obstacle à la prospérité des sociétés humaines. Il pèse principalement sur les mères, les nourrices et les maîtres du premier âge. C'est la grande défaillance de l'homme : les sages de tous les temps l'ont nommée « le vice originel ».

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