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LES DÉFAILLANCES NATURELLES DE L'HOMME

Tous les nouveau-nés sont enclins au mal ; mais, à cet égard, il existe entre eux des différences considérables. Chez quelques-uns ces différences s'accentuent jusqu'à devenir de véritables contrastes. Ce fait peut être observé parfois chez deux individus issus des mêmes parents, élevés dans le même lieu, soumis à la même éducation. L'un résiste à la correction et reste toute sa vie un agent de discorde; l'autre, docile aux bonnes impulsions, offre dès sa jeunesse les caractères d'une perfection relative.

Au surplus, l'inégalité des aptitudes individuelles est une loi caractéristique de l'humanité. Partout cette loi est mise en relief par l'observation des familles et des sociétés. Dans Tordre moral, elle est démontrée par les manifestations du libre arbitre et du vice originel. Dans l'ordre intellectuel, elle est encore plus évidente : elle ne provient pas seulement de la diversit<; artificielle des enseignements scolaires; elle se produit spontanément par l'exercice des travaux qui procurent le pain quotidien.

Inégalité naturelle des Individus dans leurs tendances Innées vers le bien ou le mal.

L'impulsion du vice originel qui nous porte vers le mal, comme les dispositions contraires qui mettent notre libre arbitre au service du bien , ne sont pas également réparties par la nature entre tous les hommes. Sur ce point, plus encore que dans les autres manifestations de l'activité humaine , le fait habituel est l'inégalité. Dès leur naissance, les uns inclinent à la stabilité dans la paix, les autres à l'instabilité dans la discorde. Quelques-unes de ces inclinations, améliorées ou aggravées, persistent au sein de toutes les sociétés. Elle donnent à chaque individu son caractère distinctif.

Ces inégalités correspondent aux différences énormes qui se manifestent dans les phénomènes de bien et de mal, de prospérité ou de souffrance propres à chaque société. Toutefois, même pour deux sociétés très différentes, les plus grands contrastes résultent, non de la nature des nouveau-nés, mais aussi et surtout des institutions auxquelles la race entière est soumise. Un fait sans réplique démontre cette vérité. L'inégalité des tendances apparaît chez les enfants de toutes

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