‹ La condition essentielle de l'humanitéChapitre 37 sur 86 · LA SOUVERAINETÉ · texte numérisé non relu

LA SOUVERAINETÉ

justifie scientifiquement l'existence de cette première sanction temporelle. J'ai en vain cherché parmi les contemporains une seule race d'hommes qui prospère sans prendre pour règles les croyances et les pratiques de la religion.

Le quatrième principe de la Constitution : la souveraineté.

L'autorité paternelle, appuyée sur la religion, ne suffit pas pour assurer complètement le règne de la paix, même au sein des sociétés prospères. Alors même que les quatre premiers commandements ne soulèvent aucune résistance formelle, la violation des six autres, sous l'impulsion du vice ou de l'erreur, jette toujours quelque trouble dans la vie privée et dans la vie publique. La société s'abîmerait bientôt dans la discorde, si la justice et la force armée n'agissaient pas de concert pour prévenir les violences, juger les conflits d'intérêts et punir les attentats contre la paix publique. La haute direction de ces deux services est la fonction spéciale de la souveraineté.

Pour La souveraineté comme pour la religion, le principe est partout le même. Mais l'application du principe offre une grande variété, depuis l'extrême simplicité de l'âge des herbes jusqu'à

la complication infinie amenée par l'âge de la houille.

Les trois derniers principes de la Constitution la propriété sous ses trois iormes.

La propriété foncière est, pour toutes les races d'hommes, le principal moyen de subsistance. Le pain quotidien est d'autant mieux assuré à tous, et la paix sociale a des garanties d'autant plus solides que les familles sont en contact plus intime avec le sol nourricier. Lès nations entrées dans l'âge de la houille s'écartent de cette organisation tutélaire : elles séparent le pauvre des productions spontanées et d'une foule d'objets qui pourraient le nourrir sans dommage pour le riche; et, en conséquence, elles s'exposent à de grandes catastrophes. Heureusement, tout en subissant la nécessité de l'agglomération, les grandes nations qui se développent maintenant avec une rapidité inouïe, atténuent ce danger de leur condition par une foule de moyens, notamment par une bonne organisation de la propriété foncière.

L'organisation de la propriété dépend de causes innombrables qu'on peut classer en deux groupes. En premier lieu, la condition des propriétaires et

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