‹ La condition essentielle de l'humanitéChapitre 38 sur 86 · LA PROPRIÉTÉ SOUS SES TROIS FORMES · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ SOUS SES TROIS FORMES

celle de leurs collaborateurs, le mode employé pour répartir entre eux les produits créés par le travail de l'homme et les forces de la nature, enfin les rapports de toute sorte établis entre les deux intérêts par la coutume des localités. En second lieu , la constitution du sol et du climat, la nature et la destination des produits et les relations qui unissent, dans la contrée environnante, le personnel de l'exploitation à celui des autres professions.

Considérées dans leurs détails, sous ces diverses influences, les formes de la propriété se présentent en nombre infini. Toutefois, si l'on ne tient pas compte des traits secondaires, si Ton fait surtout abstraction des vices nombreux qu'introduit, dans l'institution, la corruption des races compliquées, on voit clairement apparaître la simplicité des principes. D'un autre côté, l'observation actuelle des trois âges qui persistent de nos jours, en beaucoup de lieux, sur les diverses régions du globe, démontre que les propriétés instituées sur un territoire sont, pour toutes les familles qui l'habitent, la vraie garantie du pain quotidien. 11 faut donc exclure de la notion de propriété les territoires qui ne satisfonl pas à cette condition primordiale. Dans un classemenl ainsi réduit, il n'existe plus que trois formes vraiment distinctes , sous lesquelles la propriété doit être nommée : « communale », « familiale ».

«patronale». Enfin, dans les diverses localités où chacune de ces formes domine, les modes d'existence de la population peuvent être caractérisés respectivement par les trois noms : « communauté», « vie de famille », « patronage ».

Sous le régime de la propriété communale, le sol et les eaux appartiennent à une communauté. Les limites du territoire sont fixées de concert avec les communautés voisines; mais, dans l'enceinte formée par ces limites, il n'est établi aucune subdivision. Nul membre de la communauté ne peut troubler, en quoi que ce soit, l'état du sol et de ses productions spontanées. Tous peuvent les récolter, toujours, par la chasse, la pêche et la cueillette; souvent, en outre, par l'organisation du pâturage. Cette forme de la propriété est caractéristique pour les races simples du premier âge. Elle se restreint peu à peu clans les âges suivants. Dans l'âge de la houille, elle n'est guère représentée que par des lambeaux épars, si même elle ne disparaît complètement.

Sous le régime de la propriété familiale, le sol est subdivisé invariablement en petits domaines. Chacun d'eux procure la subsistance à une seule famille. Selon les coutumes de la Constitution , le domaine est exploité directement par les membres et les domestiques de la famille propriétaire. Celle-ci, constituée habituellement sous le régime de la famille- souche, reste dans

Page 1