LES TROIS DERNIERS PRINCIPES DE LA CONSTITUTION
la conditiorTcréée par les ancêtres. Chaque année, elle accumule, par une sévère épargne, les produits qui ne sont pas indispensables à sa subsistance; et elle les répartit, à titre de dot, entre tous les rejetons qui désirent fonder, hors du domaine, de nouvelles familles. La coutume maintient l'union indissoluble de la famille et du domaine. A cet effet, après la mort des parents, elle confère la propriété à l'héritier que ceux-ci ont institué, en fait, en le mariant au foyer domestique. Quant à l'héritier et à sa femme, ils instituent à leur tour un nouvel héritier, dès que leurs enfants arrivent à l'âge adulte. Enfin, ce dernier ménage se conforme à son tour aux deux règles de la coutume : il pourvoit par le travail et l'épargne aux dots des rejetons; il transmet intégralement le domaine aux descendants. Sous le régime de la propriété patronale , le sol et les eaux appartiennent à un propriétaire, nommé habituellement « père » ou « patron ». Celui-ci réside en permanence sur son domaine, afin de pourvoir aux obligations que lui imposent les traditions de la famille-souche, et les coutumes sociales inhérentes à la possession d'une grande propriété. 11 exploite directement, avec I»' concours de sa famille et de ses domestiques, la partie du territoire contiguë à son foyer. Le surplus est subdivisé en domaines de consistance invariable. Chacun de ceux-ci est exploité par
une famille stable de tenanciers qui partage avec le propriétaire les produits de son exploitation. Les rapports mutuels du patron et du tenancier varient selon les lieux; mais partout ils ont un caractère commun. Le patron est attaché en permanence à ses tenanciers. Il leur garantit le pain quotidien. Il leur donne l'exemple de la soumission à la loi morale. Il se concerte avec chaque famille pour instituer l'héritier de sa tenure , et pour établir au dehors ses rejetons, quand il ne peut les attacher à son propre foyer.
Les coutumes iamiliales de la Constitution essentielle.
Les coutumes fondamentales de la famille ont surtout pour effet d'organiser la vie domestique, conformément aux traditions que les grandes races de l'histoire et celles du temps actuel ont établies, en affermissant les résultats de leur propre expérience et en s'inspirant de la sublime concision du Décalogue. Ces coutumes se sont créées sous l'empire de deux préoccupations dominantes. En premier lieu, répartir entre le père et la mère la portion d'autorité paternelle qui leur est expressément attribuée par le IVe commandement : régler en conséquence le partage des fonctions que les deux époux remplissent,