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LA RÉFORME ET LA GUÉRISON

d'école. Cependant, j'ai rarement réussi à communiquer aux égarés de notre temps les convictions énergiques que j'avais acquises auprès de ces autorités compétentes; et, à la longue, je me suis rendu compte de mon insuccès. La fausse notion de la perfection originelle est propagée par des novateurs égarés ; ils attribuent au régime traditionnel d'éducation fondé sur la nature de l'homme les maux déchaînés par la violation de la loi morale, et ils prétendent détruire la hiérarchie naturelle , établie dans la famille par les rapports du père, de la mère et de l'enfant. Pour ramener ces novateurs à la vérité, il ne suffit donc pas d'insister sur la fausseté évidente du fait qu'ils allèguent : il importe surtout de démontrer que la liberté de l'enfant comme l'égalité des hommes , lesquelles sont les bases de leurs systèmes de réforme, sont incompatibles avec l'existence d'une société prospère. Cette démonstration est aujourd'hui la tache spéciale des amis de la vérité.

Quant aux réformes qui doivent assurer à chaque individu et à chaque famille la satisfaction des deux besoins essentiels, la tâche est relativement facile : il suffit de faire appel à l'expérience des nations compliquées qui, tout en s'agglomérant, sont restées prospères. A cet égard, par exemple, l'Angleterre et la Suède fondent leur système de gouvernement sur « les

libertés nécessaires ». Elles confient à leurs communes libres, contrôlées par l'État dans le seul intérêt de la paix sociale, le soin de procurer au peuple le pain quotidien. Elles attribuent à chaque famille le droit de choisir librement la religion dont les rites ramènent journellement la pensée vers la pratique de la loi morale (III, 5).

Enfin, j'ai indiqué à l'avance, au chapitre précédent, l'Union européenne des petits Etats et la paix internationale qui, après la connaissance de la vérité et la satisfaction des besoins essentiels, sont pour les peuples la principale condition du bonheur. Ce projet d'union n'est inspiré par aucun sentiment hostile au développement des grands empires. Ceux-ci, en effet, sont déjà, et deviendront de plus en plus d'utiles auxiliaires pour cette Union européenne, dépourvue de sols disponibles, car ils offrent à ses émigrants des territoires où règne la sécurité. L'Union donnera même son concours à l'œuvre des grands empires, en leur procurant des arbitres pour l'apaisement des conflits que doivent susciter leurs conquêtes sur le désert et la barbarie. D'un autre côté , elle s'assurera des garanties contre les abus que les grands empires pourraient faire de leur puissance. Sous ce rapport, elle sera un exemple utile, pour les petites nations qui, dans les

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