LES PRINCIPES DE
L'expérience et la raison conduisent à des conclusions identiques en ce qui concerne le second principe de 1789. Chez les races modèles, l'égalité des conditions ne se présente jamais avec un caractère absolu. « Les hiérarchies nécessaires » y sont toujours en présence des « égalités légitimes ». Souvent même, les deux conditions opposées sortent simultanément du même besoin. Ainsi, tous les plaideurs ont besoin de l'égalité civile qui leur assure une justice impartiale; mais ils n'ont pas un moindre besoin de la hiérarchie qui élève leur juge au-dessus d'eux. Si d'ailleurs on recherche méthodiquement les coutumes qui procurent les juges les plus intègres et les plus clairvoyants, on y rencontre toujours un heureux mélange de hiérarchie et d'égalité, dérivant de la Constitution essentielle. Les hommes de 178? sont les premiers législateurs qui aient mentionné expressément « le droit de révolte » dans une constitution écrite. Les membres de l'Assemblée nationale l'ont formulé en 1790, dans leur déclaration des droits de l'homme. En adoptant cette nouveauté exprimée en ternies vagues, ils voulurent justifier l'adhésion qu'ils avaient donnée à l'acte de violence du l'i juillet 1789 et à tous ceux qui en étaient la conséquence naturelle. Toutefois, ils faussèrent en cela l'esprit de la nation : ils élevèrent à la hauteur d'une coutume périodique
la violation d'un principe permanent, indispensable, non seulement à la souveraineté de cette époque, mais encore à toutes les formes de la souveraineté. Ils substituèrent, en fait, dans le gouvernement de la société , l'esprit de violence à l'esprit de paix; ils aggravèrent ainsi l'obstacle qui , depuis les désordres de la Fronde , empêchait la conciliation des classes dirigeantes et des gouvernants. Les novateurs se persuadent qu'ils peuvent user de ce prétendu droit selon leurs propres inspirations, pour renverser par la force une souveraineté établie. C'est là, à vrai dire, la nouveauté caractéristique de 1789. En effet, les deux premiers termes de l'erreur spéciale à cette époque étant irréalisables, il est résulté des tentatives d'application le mépris, et par suite l'instabilité des nouveaux gouvernants plutôt que le changement des institutions. Au contraire, l'esprit de révolte ayant envahi toutes les classes de la société, les partis réformistes ont été amenés à chercher leurs moyens d'action dans la violence plutôt que dans la paix. Ainsi s'est développé un régime entièrement nouveau , une ère d'instabilité où dix gouvernements ont été successivement institués puis détruits par la violence. Les révoltes déchaînées par la révolution de 1789, ont donc complété les œuvres de tyrannie organisées, depuis 1G61 , par l'ancien réeime. Les nouveautés de 1789 détruisent dans