‹ La condition essentielle de l'humanitéChapitre 67 sur 86 · COMPOSITION DE LA BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA BIBLIOTHÈQUE

sant dans le cas où un certain concours des sociétés-sœurs serait assuré à la revue nouvelle. Ce concours est acquis à la Réforme sociale par une combinaison qui n'augmente pas les cotisations annuelles, mais qui permet à chaque membre des Unions et au conseil de la société d'économie sociale de changer, dans certains cas , l'emploi attribué antérieurement à ces cotisations. De son côté, la Revue s'emploie à développer les cinq institutions de notre école, savoir : la Société d'économie sociale, le Comité de la Bibliothèque, les Conférences de la paix, les Unions de la paix. sociale et l'Ecole des voyages.

Le plan adopté par la corporation de la Réforme sociale se résume en une formule simple : subordonner l'avenir de cette sixième institution aux résultats de l'expérience et à l'avis des maîtres qui dirigent les travaux des cinq autres. En ce qui touche les décisions à prendre au sujet de cet avenir, deux cas peuvent se présenter. Dans le premier, il faudra revenir à la conclusion qui avait été admise en 1865 : rendre la Revue hebdomadaire en l'adaptant, comme en Angleterre et aux États-Unis, aux convenances des familles qui observent le repos du dimanche, et qui désirent trouver ce jour-là, une diversion morale et intellectuelle au travail de la profession; appeler alors un capital supplémentaire et augmenter le prix de l'abonnement. Dans le second cas, conserver le régime actuel; et, si le succès survient, consacrer les bénéfices à une rétribution supplémentaire des rédacteurs e1 à ramélioration do la Revue.

Dans tous les cas qui peuvent se présenter , la Revue a pour mission de développer, au sein de la Société d'économie sociale, le patronage scientifique 'qui lui a donné naissance. Elle lui procurera ainsi les ressources nécessaires pour mener dB front, avec une activité suffisante, les deux publications qui lui sont spéciales. La première est une collection de monographies de familles ouvrières , ayant pour titre : les Ouvriers des deux mondes; créée en 1856, elle fait suite à la collection nommée « les Ouvriers européens ». La seconde est le Bulletin des séances de cette société, où les membres expriment les conclusions qu'ils tirent des faits exposés dans ces deux collections. Les monographies de l'Europe , œuvre individuelle, sont closes depuis 1855; celles des Deux Mondes, œuvre collective, se poursuivront tant que durera la Société qui les a commencées. Le rapprochement des deux collections fournira aux historiens de l'avenir une connaissance qui a manqué aux historiens du passé : celle des changements survenus dans la condition physique et morale de l'humanité , à mesure qu'a été restreinte l'étendue des territoires disponibles.

La Revue ne doit pas intervenir dans les débals politiques d'où sortira la réforme ; mais elle peut enseigner ainsi, en termes généraux, les conditions dans lesquelles cette réforme se produira. Le mal actuel provient de l'antagonisme qui divise maintenant les classes dirigeantes et les gouvernants des quatre partis réformistes. Tant que ce mal subsistera , la condition première de la guérison sera le retour à l'union

COMPOSITION DE LA BlBLlOTUfcijl E 281

qui a régné momentanément parmi eux de juillet 1848 au 2 décembre 1851 : il sera donc à désirer que le gouvernement du pays soit attribué aux hommes de pa ix qui ont l'ascendant moral nécessaire au rétablissement d cette union. Lorsque enfin, après de longs débats, la réforme sera opérée conformément aux principes et aux coutumes de la Constitution essentielle, une transformation se sera produite spontanément au sein des anciens partis. Il conviendra alors que le gouvernement appartienne aux hommes les plus capables, si >il de conserver les coutumes et les principes ainsi restaurés par l'accord des quatre partis, soit de les modifier avec discernement, selon les changements survenus dans la condition des hommes et la nature des lieux.

Notre corporation ne peut concourir à l'œuvre de la réforme en secondant les tendances manifestées maintenant par l'un des quatre partis politiques ; mais elle leur sera utile à tous, en reproduisant par extrait dans sa revue les enseignements privés qui émanent des maîtres de notre école. Dans l'état rudimentaire de sa publicité naissante, la Informe sociale ne consacrera qu'une place insuffisante à ces extraits; mais elle les complétera par des renvoi? faits aux divers ouvrages de la Bibliothèque. Noua entrevoyons que l'enseignement oral des maîtres, ainsi complété par celui qu'offre la Bibliothèque, contribuera de deux manières ;'i produire l'union des partis. Dans une première époque, quelques-uns de nos lecteurs, qui restent dans la \i<' privée et qui s'inspirent aujourd'hui de l'esprit de lutte le vio-

lence, apercevront les avantages que peut leur assurer l'esprit de paix : ils adhéreront publiquement aux doctrines de la Réforme sociale; puis cette adhésion , reproduite dans de très petites brochures, continuera, dans la Bibliothèque , l'action exercée par les neuf premiers numéros de la Correspondance sociale. Les gouvernants qui disposent de la force publique inclinent plus à la lutte et à la violence, et, en conséquence, ils sont moins portés à la paix, mais, tôt ou tard , ils céderont à l'évidence produite par notre enseignement confirmé par notre pratique. La situation qu'ils occupent ne comporte pas une adhésion publique; mais ils ont un autre moyen de manifester leur conviction : dans une seconde époque, ils autoriseront nos maîtres à justifier par un enseignement public l'utilité de notre doctrine; dans la troisième enfin, ils les aideront à poser les premiers fondements de « l'université sociale ».

Mode employé pour subdiviser les matières de chaque ouvrage , afin de compléter clairement les autres par des renvois à ces subdivisions.

La Bibliothèque sociale comprend, comme on le voit, de nombreux ouvrages. Elle enseigne la science des sociétés , c'est-à-dire les faits les plus importants et les plus compliqués que l'on puisse observer à la surface du globe terrestre. L'ensemble de la science ne peut être exposé avec tous les détails nécessaires

Page 1