‹ La condition juridique des tâcheronsChapitre 5 sur 49 · B. — IMPORTANCE PRATIQUE DU TACHERONAT · texte numérisé non relu

B. — IMPORTANCE PRATIQUE DU TACHERONAT

Cette forme de travail, dans laquelle le sous-entrepreneur fournit essentiellement la main-d'œuvre est désignée dans le style juridique sous le nom de marchandage (2) et dans l’industrie du bâtiment sous le nom de tâcheronat.

Malgré les restrictions qui y ont été apportées le tâcheronat est d’un usage très fréquent dans le bâtiment, surtout à Paris. Pour l’exécution de certains travaux, l’entrepreneur général, au lieu d'employer ses propres moyens, a souvent intérêt à faire appel au concours de tâcherons spécialistes : tâcheron - cimentier, tâcheron - menuisier, tâcheron - paveur, tâcheron - plâtrier, tâcheron-terrassier, etc. dont le rendement est supérieur.

Aussi bien, avant le décret-loi du 8 août 1935, il était rare de trouver à Paris un chantier qui ne comprit pas de tâcheron parmi le personnel.

Depuis ce décret, on constate un ralentissement dans l'activité des tâcherons en raison des nouvelles responsabilités qui pèsent sur l’entrepreneur principal. Il est vrai que le bâtiment « ne va plus » depuis (3) que les nécessités de

(1) « Le salaire peut être déterminé, soit d’après la durée du travail soit d’après ses résultats utiles. Dans le premier cas, il y a salaire au temps ; dans le second cas, salaire à la tâche ou aux pièces ». Camille Perreau, Cours d'Economie politique, 1934, t. XI, n° 723.

(2) Le décret-loi du 8 août 1935 définit le marchandage : « sous-entreprise portant essentiellement sur la main-d'œuvre ».

(3) Il n’en est pas de même aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Voyez l’article « Bâtiment et Travaux publics » dans La Journée Industrielle d'u 14 février 1939, p. 9.

la défense nationale ont obligé le gouvernement à porter tous ses efforts sur le réarmement du pays.

Mais il est à prévoir que, le calme revenu, le bâtiment reprendra son cours et avec lui le tâcheronat qui lui est inséparable.

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