Langlois. Ibidem, p
5. La Clef d'amors, édition Doutrepont, v. 249 ct suivants, Cf. Les lament«-
Cependant, si Fresne, en quittant Beauséjour, laisse à l’abbesse le berceau où elle fut trouvée, parce qu’il peut être utile à quelque nonnain en mal d’enfant ‘, il semble que l’Escouffle, qui fut à peu près certainement écrit à la fin du xrre siècle, apporte une note nouvelle et considère le concubinage comme chose honteuse en soi. Au moment de suivre Guillaume, Aelis entend une voix :
HE Fole, demeure.
Vels-tu hounir tot ton lignage?
Se tu t’en vas en soignentage Tint ti ami i aront honte?.
Ce mépris pour toute union en dehors du mariage, pour les enfants qui en naissent et principalement pour les enfants adultérins, nous allons le retrouver, plus accusé encore dans le Roman de Renart*.
En deux passages différents, il y est fait une allusion certaine aux enfants adultérins. Tout d’abord, tandis que Renart, dans le puits, tâche à faire descendre Ysengrin en lui persuadant que le puits n’est rien d’autre que le paradis mais que ses vices l’en rendent indigne *, Renart ajoute
De ta fame m'as mescreu Par Dieu et par sa grant vertu Onc ne li fis desconvenue
tions de Mahieu, v. 3397 et sqs. Les mœurs des femmes nobles sont particulièrement libres. « Il ne convient que bien trouver. »
1. Poème de Galéran. Langlois. Ibidem, p. 19. 2. L'Escoufle, édition Meyer, v. 3910 à 3914.
3. Il ne nous appartient pas de prendre parti sur la question dé savoir à quelle époque se place le Renart François. Mais les remarques tirées du texte même par Paulin Paris, les allusions aux croisades, à l'influence de saint Bernard, l'existence de celle que le texte appelle une « prêtresse », contraire aux prescriptions du concile de Lyon de 1274 et à la constitution de Grégoire nous font pencher pour le xure siècle, comme l'époque de l'apparition au moins des premières branches du Renart françois. (Paulin Paris. Communication à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 25 novembre 1860, rééditée en tôle des Aventures de Maître Renart el d'Ysengrin son compère. Paris, 4921. Cf: Lucien Foulet. Les Romans du Renard. Paris, Champion, 4944.
4. Moult a esté toz jors trichierres Fel et traitres et boissieres.
Ed, Mion, Paris, 1826. Tome I, p. 251, v. 6775 et 6776.
N’onques par moi ne fu croissue.
Tu dis que tes filz avoutrai, Onques par moi ne fu croissue!.
En second lieu, parmi les griefs qu’Ysengrin fait valoir contre Renart devant Noble le lion, figure expressément l'expression d’avoutre, de bâtard adultérin, que Renart aurait appliquée aux louveteaux.
Et si vos di toz sans dangier Que Dant£ Renart ala tencier
A mes Loviax en la tesniere
Et qu'il pissa sor ma loviere
Si les basti et chevela
Et avoutres les apela
Et dit que cox estoit lor pere
Et que croissue avoit lor mere ?.
Et Platel, le daim, résume l’accusation dans des termes équivalente *.
Qu'il s'agisse de bâtards adultérins, la chose est certaine. Ils le sont même doublement et par rapport à dame Hersent la mère et par rapport à Renart, marié à Hermeline ou Richent. Mais ce qui, de ces deux passages, paraît le plus intéressant à retenir, c'est moins l’accusation d’adultère portée contre Renart que le reproche qui lui est fait d’avoir méprisé les enfants du loup en les appelant bâtards ; car, il est bien certain que si, dès cette époque, l’expression de bâtard n'apparaissait comme injurieuse, on ne comprendrait pas qu’il en fût fait mention dans
1..N. 67177 à 6782. Mion traduit avoutrai par « déclarai être bâtard ». Le sens général du passage paraïtrait plutôt emporter l’idée d'engendrer en adultère.