‹ La Condition Juridique Du Batard Au Moyen AgeChapitre 4 sur 58 · LES INFLUENCES · texte numérisé non relu

LES INFLUENCES

Lorsque l’on s’est dégagé des légendes et récits des chroniqueurs relatifs aux bâtards des rois de la première et de la seconde race ‘ et que l’on recherche d’où est parti, comment s’est développé le mouvement qui a tendu vers une situation de plus en plus rigoureuse pour l'enfant né hors mariage, on ne peut pas ne pas être frappé de l’influence exercée par l’Eglise en cette matière.

Le droit romain classique considérait sans doute le père de l’enfant né hors mariage comme lui étant étranger, mais il rattachait à la mère l’enfant naturel, au sens large du mot, qu'il fût filius naturalis, spurius ou vulgo conceptus, principe qui passa dans les pays de droit écrit où il s'exprime en ces termes : « Nul n’est bâtard par la mère *. » Il importe, d’ailleurs, de remarquer que la règle du droit romain classique n’est pas spéciale à l’enfant né hors mariage. Du moment qu’il s’agit du mariage sine

4. Nous n'avons pas l'intention de rapporter ici l’histoire des bàtards royaux, qui furent admis soit à partager le royaume avec leurs frères légitimes soit à ceindre la couronne. Tous les auteurs qui ont écrit sur la matière, Bacquet, Choppin, Lefèvre de la Planche ont fourni une littérature assez importante et il nous est possible de renvoyer le lecteur que la question intéresserait aux récits de du Tillet, Recueil des Roys de France, leurs couronnes et maisons, p. 15 pour Clovis et son bâtard Thierry, p. 49 et 21 pour les bâtards de Clotaire, p. 28 relativement au couronnement comme roi d’Austrasie de Sigisbert fils naturel de Dagobert, p. 45 sur les concubines et bâtards de Charlemagne. Cf. le même auteur, p. 185 et 207.

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