Baillie de Chaumont
Mains mortes, formariages, estrayères el autres aventures en cestes baillie, jusques à la Magdalene CCCXLI, par an, dont les inventoires sont en rolle rendu à court souz le scel de Richard le Brumen, grenetier illuec, c'est assavoir :
Des tailles des baslards en cette baillie lesquelz prevoz souloient lever avec les rentes de leur prevostez, mises en grenelerie, pource que l'en ne perde les mains
. SAPOR SERVITUTIS 91 bâtard‘ et les sommes varient de 4 à 18 deniers, faisant ensemble
mortes des diz bastars pour tout dont les parties sont au doz de ce rolle XXIX s. VI d. (Longnon, I, p. 352). |
1. Ce sont les parties des tailles des bastars en la baillie de Chaumont qui font la somme ay qe XXIX s. VI d. dont mencion est faite au blanc de ce rolle, c’est assavoir
A Montesclaire et en la prevosté d'illuc.
De Sebillet demourant à Germay, XII d.
De Eramboure la Bernarde, demourant en la dicte ville, XI d. De Pasquette de Hoviller, demour ant à Touance, XII d. De Marion de Morteaux, VI d.
De Marguerite. fame Andrict le Pescheur, II d. De Marguerite, fille Eudeline, III d.
De Jehanne, fille Guiot, VI d.
De Pasquelle, demourant à Touance aux Molins, fame Colin le Munier, VI d. De Agnès, fame Tabouret, VI d.
De Pirroite de Laichieres, demourant à Morillon Villers, VI d. De Isabel, fille Banceline, demourant à Beroulieres, XII d. De Bietriz, fille Adignon de Fréville, VI d.
A Grans en Ournoîs el en la prevosté d'illuec. De Luquette, fame Parisot de Tempro, XII d.
De Andryon, fame feu Ardinet Roslier, XII d.
A4 Nogent en Bassigny et en la prevoslé d'illuec. De Angnès, fame Jehan sans Terre, VI d.
De Ysabel, fame Aubery de Poulengy, VI d. De Ysabel, fame Thiebaut Fil de Rœ, VI à.
De Wauterin, fil la Converse, VI d.
De Crestiennole, suer dou dil Waulerin, VI d. De Crestiennette, fame Jehan Hannequin, VI d. De Perinet, fil Adette, XII d.
A Aigeville.
De Gibet de Nouvaux, fil Esmelin de Perruche, VI d.
A Concignées.
De Wiardet de Dannanne, XVIII d.
De Margot, fame Gieffroy d’'Andelot, XII d.
De Jehanne, Jehan et Jehannot, suer et frères de la dicte Margot, XVIII d.
A Bourdons.
De Guiot, fil Andru, XII d.
De Meline, sa suer, VI d.
De Jehan, gendre Milet, VI d.
De Ysabel, fame Warin, VI d.
De Jehannot Giletot, VI d.
A Waissy.
De Jehannette de Damblain, VI d.
De Pariset, sa suer, XII d.
De Girart ‘Digon, de Louvemont, XII d.
De Jehan de Dampmartin Saint Pere pour Jéhannette, sa fame, XII d. De Marguerite de Courcelles, XII d.
De Lorencin. fil feu mons. Michiel, XII d.
De Aubert de Baudrecourt, XII d.
De Murguerile, sa suer, XII d.
A Vaucouleur.
De Maury Horriot. III d.
De Ginot, son frère, VI d.
Summa : XXIX s. VI d. renduz au blanc.
(Longnon. T. I, p. 372 et 373) Cf. autres comptes de tailles de bâtards pour Vitry-en-Perthois et Sainte-Menehould 1340-1341. Longnon, I, p. 320.
29 sous six deniers : il y a plus, dans un village déterminé les impositions sont parfois du simple au double. Il ne paraît donc pas douteux que, pour la coutume de Vitry-le-François, il s’agit, non pas de la taille, mais du chevage, qui est perçu encore, au moins à titre recognitif ‘.
Il est possible enfin qu’une indication soit fournie par un accord en Parlement, du 15 octobre 1386, entre l’évêque de Nevers et son official, d’une part, et les parents de Guillaume Bareton, d'autre part. A la suite d’un crime commis par Guillaume, celui-ci avait été remis, en qualité de clerc, à l’évêque de Nevers et avait été condamné aux peines canoniques. À ce moment, ses parents interviennent auprès du roi pour obtenir des lettres de rémission, en laissant entendre qu’il « estoit bastard, pur lay et chatey du Roy” ». Le terme était sans doute inusité, car le scribe avait écrit d’abord chotey, puis a rechargé l’o. Or, il semble bien que le mot « chatey » doit être rattaché, comme ‘étymologie, à « capitalis » et, comme idée, au chevage. Tout proche, en effet, et exprimant la même conception, on rencontre pour désigner un serf, l’expression « chatel * ». Il est donc très vraisemblable de supposer que les amis charnels de Guillaume Bareton volontairement ont évité d'employer l'expression d'homme du roi, pour s’en tenir à quelque chose de plus vague,
4. Il est à remarquer que, dans la même région, la femme serve qui épouse un individu noble, fût-il bâtard, n’est plus assujettie à la taille, au moins tant que dure le mariage, et les enfants, en renonçant à la succession maternelle conservent la noblesse qui leur vient du côté paternel : « Icelle Ysabel demourant à Colomiers en la prévoslé de Vitry, femme de corps et de taille haut et bas de damoisellé Katherine de Foucaucourt dime de Waurey, avoit espousé par mariage Jehan Thiebaut qui estoit et est nobles et Baslart de noble lignée ; et par ce par la coutume et usage de Champaigne et du dit lieu où sont demourans iceulx Jehan Thiébaut el sa ditte femme, icelle femme n'a peue et n'est tenue de païer aucune chose de la dilte laille, constant leur dit mariage et aussi ne seroit, tant comme elle se lenroil à remarier, se ledil Jehan Thiebaut alloit de vie à trespassement ; et combien qu'ils aient plusieurs enfans, loutes voies par la dite coustume, ilz se pourroient tenir au cousté et ligne de leur dit pere et joir de leur noblesse, se il leur plaist, en renonçant à la succession de leur ditte mère... » (Gharte de 1405, registre 160, au Trésor des chartes, ch. xxy, d'après du Cange, ve Bastardus).