‹ La Confédération argentineChapitre 10 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

quitté par FÀudience, reprit le commandement de la proyince. Une nouvelle accusation du tribunal de l'inquisition fit encore suspendre Âguirre de ses fonctions, et, en 1570, Diego de Ârana fut nommé pour le remplacer. Celui-ci, mécontent de son emploi, se retira aussitôt, laissant sa place à Nicolas Carriso, qui gouverna jusqu'en 1572, sans que la conquête fit aucun progrès; h cette époque, Geronimo Luis de Cabrera le remplaça et s'avança vers le Rio de la Plata en combattant les Indiens, et, le 6 juillet 1573, il fonda la ville de Cordova dans les plaines de la Tablada, sur la rive septentrionale du Rio Primero, auquel il donna le nom de San Juan. Ensuite il s'avança jusqu'au fleuve Parana, où il rencontra Juan Garay, qui avait fondé la ville de Santa Fé. Cabrera prétendit au droit de conquête, et annexa ce nouveau territoire à la juridiction de Cordova; mais plus tard cette décision fut annulée, et le territoire de Santa Fé conservé à la province de la Plata.

Cabrera revint ensuite à Cordova et envoya le capitaine Pedro de Zarate rebâtir la ville de Nieva, détruite par les Indiens.

En 1574, Gonzalo de Àbren y Figueroa, d'après le conseil de l'Audience de Charcas, vint du Pérou, à la tête d'un détachement, s'emparer de Santiago de l'Eslero, qu'il força à le reconnaître pour gouverneur. Ensuite il se dirigea sur Cordova, s'empara de Cabrera, le fit décapiter à Santiago, coupa toute

communication avec le Pérou, et, dans ce but, lit raser la ville de Nieva.

Abren voulut entreprendre une nouvelle conquête du Calchaqui, mais il fut énergiqueraent repoussé par les Indiens. Alors il dirigea ses efforts vers la rivière de Siancos, où il fonda la ville de San Clément de la Nucva Sevilla, dont les ruines existent encore aujourd'hui dans l'endroit appelé la Vina, district du Campo Santo, province de Salta. 11 revint ensuite à Santiago; mais sa mauvaise conduite le fit destituer et remplacer, en 1580, par Hernando de Lerma, qui, l'année suivante, fit mourir son prédécesseur dans d'horribles souffrances.

Lerma eut des difficultés très-graves avec le clergé, et, le 17 avril 1582, ordonna l'évacuation de la ville de San Clémente, qu'il transporta à huit lieues au sud-ouest, dans la grande vallée de Chicuana el sur les bords de la petite rivière de Arios, donnant son nom à celte nouvelle ville; mais, plus tard, elle prit celui de Salta, que lui donnèrent ses habitants, auxquels Lerma avait inspiré une profonde haine par ses crimes et ses cruautés.

L'audience de Charcos mit fin aux horreurs que commettait Lerma en ordonnant son arrestation. Il fut envoyé à Chuquisaca et remplacé, en 1586, par Juan Ramirez de Velasco, qui, pour rétablir la communication avec le Pérou, fit fonder deux nouvelles villes, en 1592, celle de San Salvador de Jujuy, sur l'emplacement même où existait anlérieu-

GUAPITRE PREMIER. ^21

rcment celle de Nieva, et celle de Las Juntas, au confluent de la rivière de Jas Picdras avec celle de Passaje; cette dernière fut promptement abandonnée.

Velasco, profitant de la paix qui régnait entre les conquérants et les Indiens, fonda aussi^ en 1595, la Ntieva Rioja.

A cette époque, Velasco fut remplacé par Fernando de Zarate, qui, à son tour, en 1598, eut pour successeur Pedro de Mercado Penaloga, qui gouverna jusqu'en 1600.

A Penaloga succédèrent Francisco Martinez de Leive, Francisco Banasar, Cardenos et Alonzo Ribera. Celui-ci était gouverneur du Chili; mais, s'étant marié sans la permission de la cour, il fut chargé de celui du Tucuman. Ribera prit possession de son nouveau gouvernement en 1605, livra de grands combats aux Indiens de Calchaqui, qu'il contraignit à la paix, et, en 1607, fonda, dans la vallée de Londus, province de Catamarca, la ville de San Juan de la Ribera, qui fut évacuée en 1683 et rétablie dans la vallée de Catamarca à cette même époque, sous le nom de San Fernando de Catamarca.

Ribera ouvrit das communications avec Buenos- Ayres, et, en 1611, il fut remplacé par Luis Quiiiones Osorio, qui mit un terme aux dévastations des Indiens, en les traitant avec douceur.

Les successeurs de Osorio furent, en 1609, Juan Alonzo de Vira y Zarati; en 1627, Felipe Albornoz. Celui-ci rompit la paix (}u'Osorio avait obtenue des

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Indiens, qui, à leur tour, se réunirent en masse et se jetèrent sur Jujuy, Sdlla, Tucuman, Ribera et la Rioja. Albornoz et ses chefs résistèrent à l'attaque, et les Indiens furent traités plus inhumainement encore. Les mauvais traitements qu'Âlbornoz leur faisait souffrir amenèrent un soulèvement qui mit en grand danger le territoire conquis. Alors, le viceroi du Pérou envoya de Charcas un corps d'armée sous les ordres d'Antonio de Ulloa, qui, avec les forces du Tucuman, dirigea la guerre.

Les cruautés d'Albornoz amenèrent dix années de lutte et de dévastations; enfin, en 1657, il fut remplacé par Francisco de Abendano. Celui-ci, pour arriver à la pacification des Indiens, essaya le système des missions, qu'il confia aux jésuites; mais il n'obtint aucun résultat.

Les gouverneurs qui succédèrent à Abendano continuèrent la guerre contre les Indiens; et, enfin, en 1664, ceux-ci furent forcés de se soumettre.

A partir de cette époque, la conquête cessa de faire des progrès. Les Espagnols s'occupèrent de peupler le pays conquis; et enfin, en 1776, la province du Tucuman fut annexée à la vice-royauté de la Plata, créée cette même année.

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