CO.NQUÉTE PAR LE CHILI
Vers l'an 1559, Garcia Hurtado de Hendoza, qui avait succédé à Almagra dans le gouvernement du
CUAPITRE PREMIER. 23
Chili, envoya une expédilion de quatre-vingts hommes, aux ordres de Gastillo et de ViDavicenas, pour feire la conquête des pays qu'ils nommèrent Cuyo y Loria, etNucvo Yalle de Rioja. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle à la conquête dont ils étaient chargés; les tribus d'Indiens se soumirent sans combats aux troupes espagnoles. La même année, ils fondèrent la ville de la Remrecdonj qui prit bientôt le nom de Mendoza, en l'honneur du gouverneur de ce nom qui avait ordonné Texpédition. Un peu après, en 1561 ou 1562, un des premiers habitants de Mendoza, Luis de Loyola, fonda la ville de San Luis de Loyola ou de la Punta^ et le capitaine Juan Infré celle de San Juan de la Frontera.
En 1566, le territoire conquis fut définitivement appelé province de Cuyo, et, sous la direction d'Antonio Ghacon, du cabildo de Mendoza, on procéda à la construction de routes et de canaux d'irrigation.
En 1574, Antonio Chacon et Juan de Villegas furent nommés preit^ier et second alcades, et remplacés, en 1574, par ^lonzo de Miranda et Gabriel de Zepeda. En 1602, Jeronimo de Benavides prit la direction du gouvernement de Cuyo, et, à cette même époque, on commença la construction de quelques édiGces publics au moyen d'une contribution imposée aux habilants. Dès cette époque, jusqu'à l'incorporation de la province de Cuyo à la vice-royauté de la Plata, créée en 1776, aucun fait de quelque importance ne se passa dans cette province*
24 LA CONFÉDÉRATION ARGENTINK.
La partie de rAmérique du Sud qui forme acluellement la Confédération Argentine était donc répartie, en 1620, entre les gouvernements de la Plata, du Tucuman et du Chili, dépendants, comme celui du Paraguay, de la vice-royauté du Pérou.
Le 8 août 1770, le roi d'Espagne érigea la viceroyauté de la Plata, qui^fut formée des gouvernements de la Plata, du Tucuman, des territoires de la province du Chili situés à Torient des Andes, du gouvernement du Paraguay et des territoires du Haut-Pérou (la Bolivie actuelle). Cette vice-royauté dépendit directement de la cour d'Espagne, conserva TAudience de Charcas, et sa capitale fut Buenos-Ayres.
Une ordonnance royale de 1782 divisa la viceroyauté de la Plata en huit intendances : la première comprenait l'ancienne province de la Plata; les autres étaient : le Paraguay; — le Tucuman; — la Paz, qui comprenait Lampa, Carabaya et Azangaro; — Santa Cruz de la Sierra; — Mendoza, c'est-à-dire les provinces actuelles de Mendoza; — San Juan et San Luis, connus aussi sous le nom de Cuyo; — la ville de la Plata, inclus Charcas, Atacama, Lipes, Chichas et Tarija.
Les chefs de ces intendances étaient nommés par le roi d'Espagne, mais subordonnés à l'autorité du vice-roi de la Plata et à celle de l'Audience de Charcas.
En 1783, en vertu d'un ordre royal, les intendants prirent le titre de gouverneurs.
IT' d.
1J-: GHNcKAL Dr SAN MARTIN
Telle était la division politique ci administrative des pays delà Plata, lorsque éclata^ en 1810, à Buenos-Ayres, la révolution contre le roi d'Espagne,
Aperçu de l'iiisloirc politique de la Coufcdéralion Âri^cnline depuis son émancipation du f^ouvcrnemciit espagnol jusqu'à l'installation du premier président conslilutionnel.
-. 25 mai 1810 au 5 mars 18:;4 —
Les restrictions du régime colonial espagnol promoquèrent la révolution du 25 mai 1810, qui éclata à l'occasion de l'abdication du roi Ferdinand YII, et proclama dès son origine l'intégrité et l'union des territoires qui formaient à cette époque la viceroyauté de la Plata.
Une junte provisoire, composée exclusivement d'Américains, remplaça l'autorité du vice-roi, et la forme d'union fédérative fut admise par les provinces de la Plata, qui prirent le nom de Provinces- Unies. A cette époque commence la lutte qui se poursuit encore aujourd'hui entre Buenos-Ayres et les autres provinces argentines, qui se refusent à accorder à l'ancienne capitale de la vice-royauté une prépondérance qu'elle ne possédait pas du temps de la domination espagnole.
Vers la fin de 1811, le 23 septembre, la junte
provisoire^ sur la demande du peuple de Buenos- Âyres, mit le pouvoir exécutif dans les mains de trois citoyens de cette ville, et sanctionna, en octobre de la même année, un règlement constitutionnel qui devait servir de base à l'administration de la nouvelle junte. Celle-ci ne tarda pas à méconnaître cette loi provisoire qui avait un caractère national, et, le 22 novembre, elle promulgua une nouvelle charte qui l'investissait de tous les pouvoirs, et déclarait que la souveraineté devait être une et indivisible; en conséquence, elle s'arrogea le droit de nommer les gouverneurs, pouvoir que n'avaient pas eu les vice-rois.
Le premier résultat de cette centralisation du pouvoir fut la séparation du Paraguay, qui refusa d'admettre les chefs qui lui étaient envoyés de fiuenos- Àyres; cette séparation se convertit dès lors en une indépendance de fait, qui fut reconnue en août 1852 par le directeur provisoire de la Confédération, et confirmée par le congrès argentin en 1856. Cette même prétention de Buenos-Ayres, à l'égard de Montevideo» donna lieu à des différends qui amenèrent «on occupation par le Brésil jusqu'en 1827, époque 4e la victoire remportée par les Argentins sur les Brésiliens à Ituzaingo, et dont le résultat fut la convention du 27 août 1828, qui reconnut l'indépendance de cette ancienne province argentine ^
* Les provinces du liaut Pérou, qui faisaient ^xartie de la vice-