‹ La Confédération argentineChapitre 102 sur 151 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

éléments t]ui n'existaient pas dans la république.

I/immensité du territoire et le petit nombre relatif d'habitants empêchaient la création d'un gouvernement central complet.

Le régime fédéral, dans son sens littéi*al, considéré comme alliance de pouvoirs égaux et indépendants, n'était pas plus praticable que le système unitaire, et il eût amené tôt ou tard la dissolution de la nation argentine, qui, depuis 1810, avait perdu trois provinces des plus importantes, le Paraguay, la république orientale de l'Uruguay et Tarija, sans compter le haut Pérou, aujourd'hui la république de Bolivie, qui faisaient partie de la vice-royauté de la Plata durant la domination espagnole.

Les Argentins, qui avaient conservé les traditions du système colonial, voyaient toujours quelque chose de plus qu'une simple alliance fédérative entre les provinces argentines. A la grandeur et à la force de la république argentine est attachée une idée d'union d'autre nature que celle qui résulterait d'une alliance purement fédérative.

D'un autre côté, l'agrandissement moral et physique de la Confédération était basé principalement sur l'exploitation de ses richesses naturelles, qui devaient offrir à l'émigration étrangère de puissants motifs d'attraction, et dont le résultat immédiat était de peupler le pays, jusqu'alors presque désert et solitaire.

Le congrès constituant comprit toute l'importance

3i2 LA GOIfFÉDÉRATlON ARGENTINE,

qu'il y avait à encourager Téniigration étrangère à se diriger vers ces régions et l'utilité de la protéger efBcacement; il comprit que non-seulement il en résulterait des avantages matériels, mais encore que cette émigration faciliterait et rendrait possible le système de gouvernement républicain représentatif, aujourd'hui difficile, sinon impossible, avec les éléments qui existent.

La constitution de mai consacra donc dans ce but :

La liberté en matière de religion,

La liberté du travail et de l'industrie,

L'inviolabilité des personnes et de la propriété.

Elle facilita l'obtention de la naturalisation sans y forcer, accorda aux étrangers les mêmes droits civils qu'aux nationaux et les admit aux emplois publics.

Les concessions faites aux étrangers de toutes les nations du monde, sans exiger de réciprocité, étaient la consécration d'un principe de haute politique américaine, politique dont le but doit être l'accroissement de sa population par l'immigration étrangère.

Le congrès constituant, se basant sur les éléments qui formaient le droit public argentin, sanctionna une constitution (appendice R) analogue à celle des États-Unis et organisa un gouvernement général ou central, tout en laissant subsister la souveraineté et l'indépendance intérieure des provinces, donnant au gouvernement national une intervention salutaire dans les affaires provinciales.

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