‹ La Confédération argentineChapitre 106 sur 151 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

relard apporté à l'organisalion de la république pou* vait faire disparaître à tout jamais les éléments constitutifs qui existaient à cette époque. La constitution fut donc votée sans la participation de Buenos-Ayres; mais ce fut avec l'espoir que celte province y donnerait plus lard son adhésion; le congrès considérait comme impossible de démembrer la nation argentine.

L'article 3 de la constitution déclarait que Buenos-Âyres serait la capitale de la Confédération. La résidence des autorités nationales appartenait à Buenos-Âyres, qui avait été érigée en capitale de la vice-royauté de la Plata en 1776, et avait été la capitale de tous les gouvernements suivants^ investis d'attributions nationales. A Buenos-Ayres revenait le rang de capitale de la nation pour ses antécédenls, l'état de sa société, sa position géographique. Buenos-Ayres avait été désignée par la nature pour être la capitale de la Confédération ; ni les lois ni les décrets ne pouvaient changer un fait établi et consolidé par Irois cents ans d'existence et d'expérience.

Mais, si Buenos-Ayres devait être la capitale de la Confédération, il n'en était pas moins vrai que, par son influence et son pouvoir moral et physique, elle était un objet constant de divisions et de résistance dû à l'esprit de localité; Texpérience avait déjà prouve les dangers qu'il y avait à déclarer capitale de la nation la plus forte de toutes les provinces : il fallait donc concilier les intérêts généraux et ceux de

Buenos-Ayres, établir l'équilibre entre les pouvoirs et détruire sa prépondérance sur les provinces. A cet effet; le congrès dicta la loi organique du 1" mai 1855 (appendice S), comme annexe à Tarticle 5 de la constitution ; cette loi déterminait les bases et conditions de l'érection de Buenos-Ayres en capitale.

A cette loi fut jointe une déclaration du congrès comprise implicitement dans son article 7 ; le congrès ne voulut pas examiner s'il avait ou non le droit d'ordonner que la constitutioh fût mise à exécution dans la province de Buenos-Ayres, il déclara seulement qu elle serait obligatoire pour les treize provinces qui avaient été représentées au congrès constituant, et qu'une commission prise dans son sein présenterait à l'examen et à l'approbation de Buenos-Ayres la constitution votée et la loi organique du l*' mai.

L'état de la province, à cette époque^ rendit cette mission impossible et inutile. Plus tard Buenos- Ayres se donna une constitution provinciale qui détruisait tous les principes d'union qui existaient entre elle et la Confédération argentine. Le congrès considéra donc que le cas prévu par l'article 8 de la loi organique était arrivé et vota la loi du 13 décembre 1853 (appendice T) sur la capitale provisoire, avec la condition qu'elle serait révisée par le congrès législatif. En vertu de cette loi, la capitale provisoire de la Confédération fut installée au Parana, capitale de la province d'Entre Bios, et le territoire de cette

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