‹ La Confédération argentineChapitre 108 sur 151 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

d'aucune d'elles. Bien au contraire^ elles servent réciproquement d'obstacles aux prétentions ou aspirations particulières de celles d'entre elles qui auraient des vues de monopole commercial ou d'influence politique, nuisibles aux autres et au pays lui-même.

Libre navigation des fleuves. — Le plus important de ces traités est celui qui met la libre navigation de ses fleuves intérieurs sous la protection des nations étrangères, car de cette manière l'intérêt de celles-ci assure aux provinces la jouissance perpétuelle d'un droit qui leur avait été disputé jusqu'alors par une d'entre elles, qui voyait dans Touverture des fleuves au commerce du monde la perte de son monopole commercial.

Dès le commencement de la révolution de mai 1851 fut proclamé te principe de la libre navigation des fleuves intérieurs de la Confédération. Les conventions conclues entre le Brésil, la république orientale de l'Uruguay et les provinces argentines d'Entre Bios et Corrientes, en mai et novembre 1851, stipulaient le droit de libre navigation pour les puissances riveraines.

La libre navigation concédée aux puissances riveraines n'était qu'un préliminaire pour une concession plus large. Le 28 août 1852, le directeur provisoire de la Confédération décréta que la navigation serait libre pour les navires marchands de toutes les nations du monde, concession favorable aux intérêts nationaux en même temps qu'à ceux des étrangers,

25i LA GONFËDÉBATION ARGENTINE.

puisqu'elle ouvrait ces imporlantes voies de communicalion pour faciliter son commerce et l'exploitation de ses richesses intérieures.

La révolution de septembre^ qui amena la séparation provisoire de Buenos-Âyres du reste de la Confédération, fut un obstacle à la mise à exécution du décret du 28 août dans ses dispositions réglementaires; raulorilé nationale lança^ le 5 octobre de la même année, un nouveau décret établissant le règlement de celte navigation.

Le Congrès constituant écrivit aussi ce grand principe dans la constitution de mai (art. 26) : ce La libre navigation des fleuves pour toutes les nations du monde devient un principe du droit public argentin. »

Cette concession assure le développement du commerce et Faction civilisatrice, nécessaires pour l'exploitation des richesses de la Confédération et l'accroissement de sa population par l'immigration étrangère, en même temps qu'elle détruit à tout jamais le système de monopole dont jouissait Buenos- Âyres au détriment des autres provinces, et qui causa tant de maux à la république.

Le directeur provisoire, conformément à l'art. 27 de la constitution, signa avec la France, l'Angleterre et les États-Unis, des traités confirmant la libre navigation. De cette manière la liberté des fleuves, garantie par les trois plus grandes puissances du monde ne peut devenir illusoire, et il n'est pas à craindre

Page 1