‹ La Confédération argentineChapitre 109 sur 151 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

que de nouvelles guerres civiles puissent priver la Confédération des immenses résultats qu'elle doit produire.

Ces traités d'une môme teneur (appendice Y) furent signés le 10 juillet 1853, ratifiés le 12 du mémo mois par le directeur provisoire, approuvés le 14 novembre 1855 par le Congrès constituant, validés dans toutes leurs parties par le Congrès législatif par une loi du 5 décembre 1854, et les ratifications furent échangées dans les termes voulus.

La province de Buenos-Âyrcs avait vu, dans la conclusion de ces traités, la perte irrévocable et irréparable de l'espérance que plus tard de nouvelles guerres civiles et un changement de Tordre politique intérieur pourraient lui rendre le monopole du commerce de la Confédération et les clefs des fleuves; aussi elle s'empressa de protester contre ces traités, mais ce fut en vain. Buenos-Ayres protestait contre des droits qu'elle avait usurpés jadis, et sa protestation ne fut pas même prise en considération.

Le Brésil, sans protester directement contre ces mêmes traités, n'en chercha pas moins à susciter à leur propos des difficultés au gouvernement argentin. Il usa, sans succès, de son influence pour que la république orientale de l'Uruguay protestât contre eux. Plus tard, il réclama auprès du gouvernement argentin et fit ses réserves. Le Brésil avait toujours ambitionné des avantages pour son pavillon dans la

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navigation des fleuves de la Confédération ; et, d'ailleurs, sa politique en fait de navigation intérieure était diflerente, ainsi que Ta prouvé sa conduite relativement à la navigation du fleuve des Amazones. Le Brésil réclama, invoquant les conventions des 29 mai et 21 novembre 1851, qui déclaraient libre la navigation des fleuves Parana et Uruguay pour les puissances riveraines. Il prétendit que le^ traités du 10 juillet paraissaient méconnaître le principe établi dans les conventions citées, et soumettaient cette libre navigation à des conditions qui les modifiaient.

Le Brésil était dans l'erreur; car, bien loin de restreindre le principe de libre navigation, inscrit dans les conventions de mai et de novembre, les traités de juillet le garantissaient et lui donnaient une extension favorable au commerce en général, et en particulier à celui du Brésil, qui est celui qui a le plus de relations avec la Confédération.

Par la convention du 27 août 1828, la Confédération reconnut au Brésil, comme puissance riveraine, le droit de naviguer sur les fleuves Parana et Uruguay; mais, jusqu'à Tépoque de la ligue de 1851 contre Rosas, cette reconnaissance fut illusoire. Lors de cette ligue, les conventions de mai et de novembre mirent de nouveau le Brésil en possession de cette libre navigation ; mais cet empire ne pouvait considérer que ce fût un privilège exclusif pour lui et les riverains, et que la Confédération ne pour^ rait rétendre à tous.

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