CHAPITRE PREMIER
La politique de centralisation de Buenos-Âyres fut la cause de la séparation de ces deux grandes fractions du territoire argentin, comme elle le fui des guerres civiles interminables qui ont isolé la Confédération, et de la tyrannie de vingt ans qui fut renversée en 1352.
La junte des Provinces-Cnies gouvernait avec la charte de 1811, tandis qu'une expédition militaire était envoyée à l'intérieur pour combattre en faveur de l'indépendance, et soumettre en même temps les provinces à la politique de Buenos-Ayres, ce qui ne fit qu'accroître l'aversion des provinces contre le gouvernement central.
Le 15 janvier 1813 se réunit une assemblée générale des provinces, qui sanctionna, en 1815, une nouvelle charte provisoire destinée à remplacer celle de 1811 et à servir de constitution nationale, jusqu'à ce que celle-ci fût votée. D'après la charte de 1815, les provinces élisaient leur gouverneur. Mais, quoiqu'elle eût été l'œuvre d'un corps législatif national, elle ne fut pas respectée par le pouvoir exécutif de Buenos-Âyres, qui, à l'époque de la réunion de l'assemblée générale, était confié à Gerva-
royauté de la Plata» se séparèrent aussi de la Confédération Argen. Une, proclamant leur indépendance, en 1825, sous le nom de république de Bolivie.
La révolution de 1810 donna donc naissance à quatre repu- Miques indépendantes : la Confédération Argentine, le Paraguay, rUruguay et la Bolivie.
sio Posadas, en remplacement de la Junte des trois,
créée en 1811.
Le 9 juillet 1816, un congrès élu par toute la population, et qui fut réuni à Tucuman, déclarait solennellement les Provinces-Unies soustraites définitivement au gouvernement d'Espagne (Appendice A).
Le congrès de Tucuman se transporta peu après à Buenos-Ayres, et, le 5 décembre 181 7, sous l'inspiration des idées de cette capitale, il vota un règlement provisoire constituant les provinces en une république, sous le nom de Provinces-Unies de la Plata, dont le gouvernement était confié à un directeur auquel appartenait la nomination des gouverneurs provinciaux.
Les provinces accueillirent ce règlement avec un grand mécontentement. Entre Rios et Santa Fé se soulevèrent contre Tautorité quils avaient créée, et les troupes envoyées par Buenos-Ayres pour les réduire à F obéissance furent complètement défaites.
En 1819 fut votée la constitution qui devait remplacer le règlement de 1817; elle confirma le système d'élection des gouverneurs de province par Tautorité qui résidait à Buenos-Ayres. Une vive alarme se répandit dès lors dans toutes les provinces, qui voyaient dans cette disposition une atteinte à leurs libertés, et le soulèvement prit un cacaraclère plus sérieux. Alors les généraux San Martin et Belgrano , qui se couvraient de gloire