CHAPITRE TROISIÈME
encore admis en Europe^ et qu'il n'y ait pas été considéré comme nécessaire d'établir une barrière au fractionnement des nations^ il n'en est pas de même dans l'Amérique du Sud.
L'expérience acquise depuis l'époque où cette partie du nouveau monde s'est soustraite à la tutelle de l'ancien a prouvé qu'il fallait, dans l'intérêt de l'ordre intérieur des régions sud américaines, de leur progrès et de leur prospérité, empêcher des fractionnements sans fin qui créaient des gouvernements faibles et des pays constamment livrés à Fanarchie, et qui pouvaient facilement devenir l'objet de l'ambition ou de la convoitise de voisins forts et puissants.
La Confédération avait, depuis la guerre de l'indépendance, perdu plus de la moitié de son territoire, et le démembrement de celui-ci avait donné naissance à trois républiques : l'Uruguay, la Bolivie et le Paraguay. Les deux premières, impuissantes par la guerre civile qui les a agitées si longtemps, et la troisième perdue pour le monde civilisé, par suite du despotisme que Francia y a exercé et qu'y maintient encore aujourd'hui Lopez.
Pour sa part, le Brésil avait vu se former, il y a quelques années, sous le nom de Piratini, une republique des provinces du sud de l'empire ; mais une résistance énergique apportée par le gouvernement impérial à cette ségrégation, d'accord avec une politique habile, sauva l'empire d'un démembrement dont il est sans cesse menacé.
»50 LA CONPÉDÉltATION ARGENTINE.
D*un autre côté, la division de l'Amérique centrale donna naissance à plusieurs républiques dont Tétai constant de perturbation intérieure et de faiblesse a déjà éveillé l'attention de rAmérique du Nord, dont la force cxpansive peut faire craindre pour l'indépendance de ces république centro-américaines.
La Confédération Argentine et le Brésil sont les deux plus fortes puissances de l'Amérique du Sud; si elles venaient à souflrir une dislocation de territoire, celle-ci ne tarderait pas longtemps à être suivie d'autres^ et bientôt celte partie du monde ne présenterait qu'une réunion de pays indépendants, sans fond^ sans pouvoir, qui deviendraient la proie d'une ou plusieurs nations entreprenantes.
Le principe admis par le Brésil et la Confédération est donc d'intérêt général pour les nations sud américaines et pour toutes celles du monde entier, qui ont des relations commerciales avec les pays de l'Amérique du Sud, et qui désirent les voir prospérer dans rintérêt même de leur commerce. C'est un principe de paix et de civilisation, car l'expérience a prouvé que la guerre civile était continuelle dans ces pays isolés et indépendants, et qu'ils provoquaient les convoitises des nations étrangères,
La république du Chili, sans avoir déclaré qu'elle reconnaîtrait comme un point de droit international celui que viennent d'admettre la Confédération et le Brésil, n'en a pas moins senti la nécessité de s'op-