‹ La Confédération argentineChapitre 13 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

au Pérou et au Chili, en conlribuant puissamment à leur indépendance, furent appelés par Buenos- Ayres pour contenir les provinces. Mais ces généraux, qui avaient repassé les Andes pour obéir aux ordres émanés du pouvoir suprême, virent bientôt se désorganiser leurs troupes, qui, composées de provinciaux, refusaient de combattre en faveur des prétentions de la métropole et sympathisaient avec l'opposition faite au pouvoir central.

Dans ces circonstances^ les provinces du littoral se lancèrent sur Buenos-Ayres, renversèrent la con-* stitution militaire de 1819 et le gouvernement qu'elle avait créé, obligeant Buenos-Ayrcs à signer, le 25 février 1820, le traité de la Capilla del Pilar, qui reconnaissait une égalité parfaite entre toutes les provinces et le droit de toutes à concourir à la formation d'un gouvernement national.

Alors Buenos-Ayres, au lieudc pousser à l'organisation du gouvernement, stipulée dans le traité del Pilar, se tint à l'écart, ainsi qu'elle le faisait chaque fois qu'elle ne parvenait pas à faire triompher les principes de domination.

Possédant l'unique port accessible à l'étranger, et maîtresse ainsi du commerce du pays, Buenos-Ayres se donna à l'extérieur comme représentant des Provinces-Unies, et imprima à ses institutions un caractère national vis-à-vis de l'étranger. De cette manière son ambition était en partie satisfaite, et les provinces, contentes d'avoir obtenu l'élection de leurs gouver-

neurs, ne lui disputèrent point la part qui leur revenait dans la représentation extérieure.

Buenos-Âyres savait qu'un tel état de choses devait empêcher tout progrès; mais, toujours égoïste et ambitieuse, elle chercha à prolonger cette situation et à s'assurer Texercicede la souveraineté extérieure, en faisant accepter formellement cette situation par les provinces du littoral, dans le quadruple traité du 25 janvier 1822, par lequel Buenos-Âyres, Entre Rios, Santa Fé et Gorrientes, s'engageaient à ne point provoquer l'organisation nationale, et à se maintenir dans les limites où elles se trouvaient.

Cet état d'isolement persista jusqu'en 1824, époque à laquelle un sentiment de justice et de patrio« tisme surgit dans le cœur des hommes qui étaient à ta tête du gouvernement de Buenos-Âyres, et un congrès national constituant fut convoqué en verlu des stipulations du traité del Pilar.

Ce congrès élut président de la République, le 7 février 1826, Bernardino Rivadavia, et le 24 décembre de la même année il vota la nouvelle constitution, qui, malgré les efforts et le talent que déploya Rivadavia, ne resta pas longtemps en vigueur.

La constitution de 1826, quoique militaire, laissait aux provinces des attributions assez étendues : leurs gouverneurs étaient nommés par le président de la République, mais choisi entre les candidats présentés au nombre de trois par les conseils d administration provinciale. Ceux-ci, qui remplissaient

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