‹ La Confédération argentineChapitre 121 sur 151 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

courir à l'emploi de son crédit, sera entièremenl libérée de toute sa dette.

Il lui sera sans aucun doute possible, après ces deux années, de commencer le remboursement de l'emprunt réalisé au Brésil en 1851, pour faire face aux dépenses de la guerre contre Rosas. C'est là la seule dette extérieure qui pèse sur le trésor argentin. La somme prêtée fut de 400,000 piastres à rinlérét de 6 pour 100 l'an.

lid situation financière est donc des plus satisfaisantes et promet beaucoup dans l'avenir. Les douanes, bien organisées et administrées, doivent donner au moins 50 ou 40 pour 100 de plus. Il est certain que, si l'administration des finances, tout en diminuant les droits de douane, parvenait à établir un système de perception et d'imposition, la rente s'élèverait aujourd'hui à trois millions et demi de piastres, résultant des impôts suivants :

Droits d'importation et d exportation. 5,000,000 piastras. Contributions prélevées dans le territoire fédéralisé, 4 pour 1,000. . . 300,000 »

Patentes, droits de vente, (te 60,000 »

Revenu des postes 50,000 i

Timbre 80,000 »

Autres droits divers 40,000 »

3,500,000 piastres.

Les droits de douane, à l'entrée, sont en ce moment de 18 à 56 pour 100 sur la valeur; il est nécessaire de les abaisser. La Confédération n'a pas

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d^industrie manufacturièFe à protéger, et d'ailleurs elle ne peut ni ne doit entrer dans le système pernicieux de la protection. Elle possède de très-bonnes matières premières, elle doit seulement s'attacher à les améliorer, afin d'augmenter leur valeur; mais en aucune façon encourager la fabrication par des prohibitions qui seraient fatales à ses intérêts bien entendus. Lorsqu'il y aura des bras et des capitaux suffisants dans la Confédération, l'industrie prendra d'elle-même son essor, car elle se trouvera dans les meilleures conditions possibles. Les droits élevés sur les tissus grossiers de laine, 36 pour 100, établis pour protéger les produits similaires de l'industrie de Cordova et de Santiago del Estero, n'ont pas empêché cette industrie de disparaître presque entièrement. Gela n'a rien d'étonnanl, car les tissus anglais, meilleurs et plus fins que ceux fabriqués à la main dans ces provinces, coûteraient encore beaucoup moins que ceux du pays, si, au lieu de 36, on leur faisait payer 60 ou 70 pour 100. D'ailleurs, les droits élevés ont pour premier effet, dans une contrée ouverte comme l'est la Confédération, de favoriser la contrebande. Il faudrait dépenser trois ou quatre fois plus que ce que Ton perçoit pour empêcher la contrebande, sans pouvoir toutefois l'éviter. La Confédération doit donc partir du principe que les droits de douane ne doivent être établis que pour couvrir les dépenses, ou une partie des dépenses de l'administration du pays, et en vertu de ce principe

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