‹ La Confédération argentineChapitre 122 sur 151 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

et dans rintérêt du fisc même et de celui des consommateurs : abaisser les droits de douane d'abord^ et ensuite continuer cet abaissement à mesure que le produit augmente.

Pour le moment, il n'y a pas de doute que le fisc, au lieu de percevoir 2 millions de droits de douane, en percevrait trois ou quatre, si les droils étaient moins élcvcs ; la contrebande diminuerait, et, d'un autre côlc, l'abaissement du prix des articles ferait augmenter la consommation.

La Confédération devrait, pour le présent, établir h l'entrée trois droits différents :

5 pour 100 sur les objets de grande valeur et de peu de volume.

10 » sur les objets de consommation gé-

nérale.

15 » sur les objets de luxe.

Et, à la sortie, déclarer libres de droits tous les articles ouvrés ou manufacturés, et imposer seulement 5 pour 100 aux produits naturels et aux matières premières, brutes ou à l'état de première préparation, destinée à rendre l'exportation plus facile.

11 suffit de comparer les produits des droits de doiuine à Buenos-Ayres et dans la Confédération, pour se persuader qu'actuellement celle-ci ne perçoit pas la moitié dos droits d'entrée sur les articles consommés.

La population de Buenos-Ayres n'atteint pas au tiers de celle de la Confédération, et, d'autre part, ses droits d'entrée sont moins élevés que dans celle-ci;

S7i LA CONFÉDÉRATION ARGENTINE.

cependant^ en 1855, la douane de Buenos-Âyres a produit 2,028,185 piastres à rentrée, tandis que, la même année, la Confédération n'a perçu qu'environ 1,600,000 piastres.

Si l'on admet que la population de la ville de Buenos-Ayres consomme relativement plus que celle de la Confédération, ce qui n'est sans doute pas exact, et si l'on admet encore l'hypothèse un peu exagérée que le cinquième des articles introduits à Buenos- Ayres se consomme dans la Confédération, après y avoir payé les droits d'entrée, qu'ils payent une seconde fois aux douanes argentines, il résulterait encore que les 250,000 habitants de Buenos-Ayres consomment en objets importés unevaleurqui correspond a plus de 1,500,000 piastres de droits de douane. Il serait donc raisonnable de croire que la Confédération, qui a plus de 780,000 habitants, devrait percevoir en droits d'entrée près du triple de ce que perçoit Buenos-Ayres, ou au minimum 5 millions et demi à 4 millions de piastres, d'autant plus que, comme il a été dit précédemment, les droits d'entrée sont plus élevés dans la Confédération qu'à Buenos-Ayres.

Il est donc bien évident que la Confédération Argentine possède ou peut posséder un revenu plus que sufGsant pour couvrir les besoins de son gouvernement, et entreprendre même de grands travaux d'utilité publique, tels que routes, canaux et ponts, qui seraient pour elle de la plus grande importance; car la création de nouvelles voies de communication,

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