CHAPITRE CINQUIÈME. ^V
à cause des actes d'hostilité qu'il a posés contre les immigrants dans ces dernières années, et vu encore l'occupation des meilleures portions du territoire par la population existante ; le second, à cause de son état permanent de guerre et de son climat ardent.
Dans l'Amérique du Sud, le Brésil et le Chili sont loin de posséder les avantages que réunit la Confédération Argentine. Le Brésil est peu convenable à l'acclimatation des Européens, et présente le grave inconvénient de terribles fléaux : la fièvre jaune et le choléra, qui font chaque année d'immenses ravages. Le Chili, sous le régime d'institutions peu libérales en matière de religion, ne possède, d'autre part, qu'un territoire très-limité, qui, par suite de son système de la division de la propriété, se trouve dans les mains de grands propriétaires, au détriment d'une grande partie de la population, plongée dans la misère. Cette seule circonstance suflit pour rendre le Chili peu convenable en ce moment pour l'immigration.
La Confédération Argentine, sans présenter aucun des inconvénients que l'on rencontre aux États-Unis, au Mexique, au Brésil et au Chili, offre à l'immigration :
Un climat salubre pour les hommes de toutes les régions;
Des milliers de lieues de terrains fertiles pour la culture des fruits de toutes les zones et des richesses
naturelles de toute espèce pour l'exercice de toute^ les industries;
La concession des terres, gratuite ou à très-bas prix;
Des débouchés faciles pour les produits;
Des lois qui protègent l'étranger et lui assurent : la liberté de son culte, l'exercice de son industrie, quelle qu'elle soit, et l'exemption du service militaire; la jouissance des droits civils à l'égal des Argentins, l'admission aux emplois administratifs de toute nature, et l'obtention facile de la naturalisation, qui les met sur la même ligne que les nationaux pour l'exercice des droits politiques
Ce n'est donc pas sans raison que l'on peut assurer que la Confédération Argentine mérite, sous tous les rapports, de fixer l'attention des émigrants et des gouvernements qui sentent le besoin d'éloigner l'excès de population qui pèse sur quelques points de l'Europe.
Jusqu'à présent, les immigrants qui sont arrivés dans la Confédération y sont venus spontanément, à Texception de ceux qui ont été amenés par MM. Brougnes et Castellanos dans les provinces de Corricntes et Santa Fé, sous certaines conditions qui forment la base de ces colonisations. Le chiffre de la population européenne dans la Confédération n'est pas bien connu; cependant, suivant des données assez exactes, on calcule qu'elle s'élève à plus de 60,000 âmes, dont le nombre relatif suit l'ordre