CHAPITRE CINQUIÈME
« Art. 19. — Le sieur Brougnes avisera le gouvernement de Gorrientes de la prochaine arrivée des colons quatre mois auparavant, afin que ledit gouvernement ait le temps nécessaire pour construire les habitations et préparer les autres avances.
« Art. 20. — Le présent contrat sera soumis à l'approbation de Son Excellence le gouverneur de Gorrientes, que représente son secrétaire Yaldès, et, dès que la ratification sera accordée, et acceptées toutes les obligations qu'il impose, il sera observé et exécuté exactement, loyalement, sans modification, altération ni interprétation aucune, contraires à l'esprit des stipulations qu'il renferme. Ainsi l'ont signé les contractants, en présence des témoins Barthélemi Lescano, don Manuel-Joseph Ruda et Ezequil Hadeyro, que je garantis.
« Par-devant moi Genaro Nibetro, notaire public et du gouvernement.
a Grégoire Valdes.
« D' Auguste Brougnes.
a Témoins :
« Barthélehi Lesgako. — Joseph Ruda.
J0SE1»U EzEQUHi MaDETRO.
ce En vertu de la loi du 25 du courant, insérée en télé de cet acte, j'approuve le présent contrat et le ratifie dans toutes ses parties.
« Jean Pujol. »
Ce contrat commença à recevoir son exécution en 1854. A la fin d'octobre de la même année, M. Brougnes fit embarquer à Bordeaux 257 émigrants, dont 17, la plupart des enfants, moururent en roule de la petite vérole. Une partie des colons, manquant à leurs engagements, restèrent à Montevideo lors de la relâche qu'y fit le bâtiment, et seulement 1 30 d'entre eux arrivèrent à Gorrientes comme noyau de la première colonie. Celle-ci ne fut pas établie sur le territoire des Missions, comme le portait le contrat, le gouvernement de Corrientes pensant avec raison qu'il serait plus avantageux, dans l'intérêt des co- Ions, de leur donner des terres près dun grand centre de population. En eflet, le 5 mars 1855, on assigna aux colons les terres qu'on avait achetées pour leur établissement sur la côte du Parana, à 4 lieues au nord de Corrientes, au port de Sanla Anna.
Les colons étaient accompagnés d'un directeur, d'un curé et d'un maître d'école. Plus tard; cinq familles de celles qui étaient restées à Montevideo vinrent se joindre à la colonie.
M. le commandant Picard, du vapeur de guerre Flambeau^ qui a visité la colonie du port de Santa Anna peu après sa fondation, a publié, dans la lievue coloniale du mois d'octobre 1855, un article très-intéressant dans lequel on lit les passages suivants, qui sont de nature à donner une idée exacte de cet établissement à l'époque de sa fondation :
« Chaque famille ou groupe de cinq personnes a