‹ La Confédération argentineChapitre 130 sur 151 · CHAPITRE CINQUIÈME. Sg · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. Sg

reçu un champ de i30 mètres de fond sur le littoral, et 2,600 mèlres de fond, ce qui équivaut à une surface de 55 hectares. La plus grande partie de ce terrain est une plaine cultivable^ et le reste est couvert de forêts dont on peut tirer parti. Près du fleuve et au centre du grand terrain colonial, on a réservé un carré de 465 mèlres de côté pour former une petite ville.

a Dans nos conversations avec les pères de famille, j'ai observé qu'ils ont l'espoir de réussir dans leurs travaux; mais on ne peut se cacher que les premiers temps seront durs, et qu'il faudra faire de grands efforts pour obtenir la première récolle.

ce Tous sont d'accord pour rendre justice au gouverneur de Gorrientes, qui leur a fourni des vivres plus que ne Tobligeait le contrat jusqu'à la première récolte. Chaque famille a déjà reçu douze télcs de bétail, et recevra des semences de maïs, de froment, de tabac, de coton, de canne à sucre, suivant l'espèce de culture à laquelle ils désirent se livrer.

« La plus grande difficulté pour la colonie proviendra de son organisation intérieure, que le gouverneur a rintenlion de changer. Quelques individus, ayant pris le titre de pères de famille, ont fait en France des contrats avec les journaliers et les laboureurs, contrats qui obligent ceux-ci à céder leur Ira-

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vail à raison de 400 francs par an, et ce salaire, si bas dans rÂmérique du Sud, est l'unique profil de ces cultivateurs, qui n'ont point part aux avantages de l'association de cinq personnes. De là des plaintes et des réclamations que le gouvernement trouve justes, et il a l'intention de faire changer ces contrats léonins que le spéculateur a fait signer à de pauvres ignorants.

En février 1856, un nouveau convoi de quarante-quatre familles vient augmenter la colonie, qui compte aujourd'hui plus de 500 âmes.

Le rapport des commissaires nommés par le gouvernement de Corrientes, et qui porte la date du 18 mars 1856, donne des détails très-inléressants sur l'état actuel de la colonie du port de Santa Anna :

ce Les soussignés, suivant les ordres de V. E., se sont rendus à la colonie établie au port de Santa Anna, afin d'étudier et examiner scrupuleusement l'état d'avancement et de progrès dans lequel elle se trouve, et de s'informer en même temps de tout ce qui est relatif aux colons. Us ont l'honneur de déclarer à V. E. que l'état de la colonie est aussi florissant qu'on peut le désirer; presque tous les colons ont travaillé avec beaucoup d'intelligence, de soins et de persévérance, et d'une telle façon, que la plupart d'entre eux ont déjà leur subsistance assurée; tous se sont comportés d'une manière honorable et se sont montrés si laborieux, que la commission ne

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craint pas d*assurcr que le pciysse verra amplement indemnisé des sacrifices faits en leur Taveur, par les exemples qu'ils donnent de persévérance, d'activité et de bonne conduite.

« On ne peut assez admirer ce qu'a fait ce petit groupe d'hommes durant sa courte résidence dans ce pays, si Ton lient compte des difficultés et des contrariétés contre lesquelles ils ont eu à lutter, comme il arrive dans toutes les entreprises nouvelles; V. E. doit être satisfaite d'avoir doté la province de ces enfants adoptifs.

« V. E. remarquera, par ce qui précède, que bien peu nombreuses doivent être les exceptions que la commission doit signaler dans ce groupe de travailleurs, comme n'ayant pas rempli les devoirs que leur impose leur contrat, envers le gouvernement de la province et l'entrepreneur firougnes, et cela, non par défaut de travail individuel, mais par manque de bras suffisants pour sufGre à la culture du champ étendu, concédé à une, deux ou trois personnes seules, comme il arrive dans quelques concessions. »

La colonisation dans la province de Santa Fé re* pose sur des bases semblables à celles du contrat de M. Brougnes. M. Aaron Gastellanos signa, le i 5 juin 1855, avec le gouvernement de Santa Fé, un contrat qui reçut aussi l'approbation du gouvernement national, et dont les principales dispositions sont les suivantes :

« Introduction de mille familles européennes, eo

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groupes de deux cents familles, dans l'espace dé deux années, pour le compte de D. Aaron Gastellanos, chacun de ces groupes formant une colonie.

« La cession par le gouvernement de Santa Fé sur les rives du Rio Salado, de 55 hectares de terre par famille, et de quatre lieues carrées de terrain par colonie, à titre de propriété communale. Les 55 hectares de terre seront acquis aux colons après cinq ans; les terres communales, inaliénables.

« Le gouvernement de Santa Fé fournit à chaque famille, rcmhoui^ables en argent après deux ans, ou après trois ans si les récoltes venaient à manquer :

u l"" Une habitation composée de deux pièces, d'une valeur de 250 francs ;

« 2° Six barriques de farine de 200 livres cha-

cune;

a 5** Des graines de coton, tabac, blé, blé de Turquie et pommes de terre, en quantité suffisante pour semer 16 hectares.

« 4** Deux chevaux, deux bœufs pour labourer, sept vaches et un taureau.

a D. Àaron Castellanos ne pourra exiger des colons le remboursement des avances qu'il leur aurait faites que par le tiers des produits agricoles.

« Les colons jouissent de toutes les concessions faites par la constitution, et, en plus, lei:rs propriétés, meubles et immeubles, sont exemptes de contributions pendant cinq ans. »

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