‹ La Confédération argentineChapitre 14 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

les fonctions de députation provinciale, dictaient toutes les mesures relatives au régime administratif et financier des provinces, et le gouvernement central n'avait que le droit de haute inspection en matière de finance.

Cette constitution était en grande partie basée sur les principes qui constituent celle du Brésil; c'était l'œuvre d'un congrès général qui, avant de la sanctionner, avait consulté Topinion des provinces. Quelques-unes se prononcèrent pour le système fédéral ; d'autres, pour le système unitaire; enfin beaucoup d'entre elles n'avaient émis aucune opinion sur la forme de gouvernement qu'il convenait d* adopter. Des travaux du congrès il ré^ sulta une bonne constitution, qui eût fait le bonheur de la république et lui eût épargné bien des malheurs, si elle avait été adoptée. Malheureusement elle devait être soumise à l'approbation des provinces; celles du littoral et celle de Gordova la refusèrent tout d'abord, sans tenir compte des conséquences que ce rejet devait produire.

Rivadavia^ dans l'espérance d'éviter la guerre civile, donna, en 1827^ sa démission de ses fonctions de président de la République; alors l'opposition fédérale qui existait dans le congrès triompha et amena une nouvelle dissolution de la nation argentine.

Une réaction nationaliste, à la tête de laquelle se mit le général Lavalle, se prononça le 1" dccim-

bre 1828, et donna le signal de luttes sanglantes

qui devaient durer pendant de longues années.

C'est à cette époque que Rosas apparaît pour la secondé fois dans les troubles politiques de la Confédération. Comme citoyen de Buenos-Ayres, il avait servi, en 1820, dans les rangs des défenseurs du système centraliste ou unitaire; mais eo 1829 il proclame le système fédéral, parce qu'il a compris que le seul moyen d'obtenir Tappui des provinces et de parvenir à les dominer, c'est d'invoquer un système que plus tard il lui sera facile de dénaturer. Après avoir étouffé le mouvement provoqué par le général Lavalle, Rosas fut nommé gouverneur de Buenos- Ayres.

Le 4 janvier 1831, les provinces de Buenos-Ayres, de Santa Fé, d'Entre Bios ei de Corrientes, conclurent un traité qui porte le nom de Littoral, dû à la position géographique des provinces signataires. Ce traité, auquel les autres provinces donnèrent leur adhésion, déclarait que la forme définitive du gouvernement des anciennes Provinces-Unies serait la fédération, instituait un fondé de pouvoirs pour trai* ter les affaires extérieures de la Confédération, lequel devait être leur représentant légitime devant l'étranger; laissait aux provinces la plus grande liberté dans l'établissement de leurs gouvernements respectifs sur la base des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. Enfin ce même traité stipulait la convocation d'un congrès constituant qui rédige-

Page 1