‹ La Confédération argentineChapitre 15 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rait la constitution nationale, arrangerait les ques* tiens relatives à la navigation des fleuves intérieurs, des douanes, de la rente nationale, de la dette publique, etc. (Appendice B.)

Rosas, dès son entrée à la direction des affaires, fut contraire à toute idée d'organisation, s*opposant ainsi aux vœux des provinces. En novembre 1851, le général Estanislas Lopez, gouverneur de la province de Santa Fé, insista sérieusement pour qu'il fût procédé à l'organisation de la République, et qu'en vertu des dispositions du traité du 4 janvier les commissions représentatives fussent nommées. A ses instances pressantes, Rosas répondit qu'il n'était pas temps encore de constituer le pays, et qu'il ne fallait pas nommer les commissions représentatives, qui embarrasseraient la marche du gouvernement. Le général Lopez fut vivement affecté de cette réponse; il déclara qu'il exigerait l'accomplissement des promesses d'organisation de la République, et invita le général Quiroga à se mettre d'accord avec lui pour atteindre ce but.

Quiroga était un chef important, actif et redoutable, qui s'était fait une grande réputation militaire dans les dernières guerres civiles. Il pouvait contrarier sérieusement les projets de Rosas; aussi celui-ci, craignant ses exigences et son opposition armée, le Gt tomber sous le fer d'assassins soudoyés.

Maître absolu du pouvoir par le régime de la terreur, Rosas ne s'occupa dès lors que de perpétuer sa

dominalion, et ne songea nullement à l'organisation de la République. Il fanatisait le peuple avec le mot fédération^ parole vaine pour lui, qui en méconnut toujours le sens. La fédération de Rosas était la centralisation unie à la spoliation exercée sur les provinces, dont il avait fait fusiller ou forcé à s'expatrier les citoyens les plus importants.

L'aspect de la Confédération avait changé com* plétement sous ce régime hostile à Tintelligence et à la vertu; il avait introduit la corruption dans les mœurs et dans l'administration publique ; fait pénétrer partout, comme condition essentielle de la vie, régoîsme et la fausseté; il avait encouragé la férocité, la violence, et détruit les liens de parenté et d'amitié.

Le parti militaire, ennemi du gouvernement iyrannique et cruel de Rosas plutôt que de son système fédéral, qui n'était autre que le centralisme le plus absolu exercé despotiquement, lutta avec constance et énergie contre lui : Corrienles, Catamarca et Tucuman répandirent glorieusement leur sang dans les guerres acharnées qu'elles soutinrent contre le tyran.

Rosas s'était fait proclamer maître absolu de la vie, de la fortune et de Thonneur même du peuple argentin; mais son œuvre était encore incomplète. 11 éprouvait quelques soucis à propos des intérêts étrangers dans le Rio de la Plata. La population était divisée en deux classes : les nationaux, dépossédés et

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