‹ La Confédération argentineChapitre 17 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La voix de la civilisation s'était enfin fait entendre, la Confédération allait être sauvée de l'état de barbarie et d'esclavage dans lequel elle marchait si rapidement. Il était temps, car Rosas n'avait plus qu'un pas à faire pour recueillir le fruit de vingt années de crimes et de persécutions : les députés des provinces^ envoyés à Buenos-Ayres à cet effet, allaient le proclamer chef suprême de la Confédération, et l'élever sur le trône qu'il avait construit avec les cadavres de ses victimes.

De toutes parts on accueillit avec joie et enthousiasme les promesses du général Urquiza : congrès et constitution, — liberté et progrès.

Le mois de mai 1851 est pour la Confédération une époque aussi glorieuse que le mois de mai 1 810, car celui-ci entendit le premier cri d'indépendance contre Tautorité espagnole; l'autre fit revivre les espérances conçues à cette époque, et il est le point de départ d'une ère nouvelle pour le pays.

Les provinces argentines, gouvernées par des hommes intimement liés à la cause de Rosas, et accablées sous le joug d'une autorité dtespotique, ne purent répondre à l'appel que leur adressa le gouverneur d'Entre Rios. Corrientes seule offrit son appui et prit part, dès le commencement, à la glorieuse croisade de la liberté contre la tyrannie. (Appendice D.)

Le général Urquiza, entraîné par l'enthousiasme que produisent les grands événements appelés à in-

fluer sur Tavenir de toute une nation, se souleva contre liosas avant d'avoir pu réaliser les alliances politiques et militaires qu'il était nécessaire de contracter pour mener à bonne Cn l'entreprise gigantesque dans laquelle il s'était lancé à la tôte de la province d'Entre Bios, d'accord avec celle de Corrientes. Le traité d'alliance entre Entre Bios, le Brésil et la Bépublique Orientale de l'Uruguay n'était pas encore signé. (Appendice E.)

Bien n'arrêta cependant le gouverneur d'Entre Bios; et, plein de la confiance qu'inspire la défense d'une cause juste et sainte, il forma son plan de campagne, qu'il mit à exécution sans tarder : détruire le pouvoir de Bosas dans la Bépublique Orientale de l'Uruguay, représenté par le général Oribe, qui, maître de la campagne, assiégeait Montevideo depuis neuf ans, à la tête de douze mille hommes des trois armes, dont plus de la moitié étaient Argentins; et ensuite, aller battre le dictateur sur son propre territoire.

Le 20 juillet, avec cinq mille hommes de cavalerie* d'Entre Bios et Corrientes, sans attendre le

* La force expéditionnaire était composée :

De 4,000 hommes d'Entre Rios, des divisions : Escorte, Gualeguaychu, Vitoria, San José du Graty, Urdinarrain, etc., les quatre premières, 1,800 hommes, formant Tavant-garde aux ordres immédiats du général Urquiza ;

Et de 800 hommes de Corrientes et 200 émigrés orientaux, lesquels, avec les deux autres divisions d'Entre Rios, formaient le <?orps principal aux ordres du général Gargord.

Page 1