‹ La Confédération argentineChapitre 19 sur 151 · CHAPITRE PREMIER. AZ · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. AZ

époque, et qui amèneront peut-êlre le démembrement de la nation argentine.

La mise en possession de Bùenos-Ayres d'instilutiens qui avaient été altérées dans leur essence par la tyrannie, d'institutions qui avaient, au nom du peuple, donné au despote la totalité des pouvoirs publics pour le tyranniser la loi à la main, et qui s'étaient enfin arrogé des pouvoirs qui appartenaient exclusivement à l'autorité nationale, fut une imprudence ou une générosité qui devait nécessairement amener de grandes difficultés dans l'organisation du pays, et qui l'eût rendue certainement impossible sans la sagesse et le bon sens des provinces.

Les obstacles à l'organisation avaient toujours été apportés par Buenos-Âyrcs; il fallait donc savoir profiter de riieureuse circonstance qu'offrait la victoire -de Monte Caseros pour lui faire accepter, même avec reconnaissance, ce qu'elle avait toujours repoussé jusqu'alors.

Le triomphe de l'armée alliée fut une surprise pour Buenos-Âyres, qui, accoutumé à vivre sous le régime tyrannique de Rosas, ne pouvait croire à la défaite de son dominateur.

Sa joie et son enthousiasme furent grands; mais il arriva ce qui survient à tout peuple habitué à se courber sous le joug d'un despote et qui recouvre sa liberté : celle^^i fut mal comprise, et la haine remplaça la reconnaissance qui devait à tout jamais lier £uenos-Âyres à ses libérateurs.

4i LA CONFÉDÉRATION ARGENTINE.

Rosas avait réduit la Confédération à Buenos-Ayres; celle-ci était tout; les provinces ne comptaient pour rien et n'avaient aucune influence dans le gouvernement général du pays. Après la chute du dictateur, Buenos-Ayres oublia que les provinces qui venaient de lui donner la liberté avaient des droits à revendiquer, et que le système d'usurpation exercé depuis vingt ans à leur détriment devait cesser avec la tyrannie.

f^ chambre des représentants et une partie des habitants de cette province commencèrent à contrarier la marche du pouvoir exécutif de Buenos-Ayres, qui se montrait disposé à organiser la Confédération sur des bases équitables et rationnelles.

Les résistances devenaient sérieuses et pouvaient compromettre les résultats d'une œuvre à peine ébauchée. Le général Urquiza crut donc prudent d'accélérer la réunion d'un congrès appelé à rédiger la constitution, qu'il considérait comme l'agent le plus efficace contre le désordre et l'anarchie.

Mais la réunion d'un congrès et la sanction de la constitution ne pouvaient s'effectuer avec la rapidité qu^exigeait la situation; il était donc nécessaire de créer entre temps un pouvoir national qui remplaçât celui que Rosas avait exercé de fait jusqu'au 3 février.

Le traité du 4 janvier 1831 avait institué une autorité générale qui devait pourvoir aux besoins les plus urgents du pays et servir d'intermédiaire entre

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