‹ La Confédération argentineChapitre 21 sur 151 · CHAPITRE PREMIBn · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIBn

d* employer toutes les mesures nécessaires pour maintenir et rétablir Tordre intérieur et soutenir les autorités légalement constituées, il déclara dissoute la chambre des représentants, et rétablit le gouverneur démissionnaire.

Buenos-Âyres accueillit ce coup d'Ëtat en silence, la tranquillité fut rétablie. L'opposition se lut, mais elle ne fit qu'augmenter. Seulement elle attendait une occasion favorable pour se montrer plus forte et plus menaçante, et Toccasion ne^se fît pas atten* dre longtemps.

Peu de temps après les événements de juin, le gouverneur de Buenos-Ayres, fatigué d'une position îqui l'effrayait, se retira définitivement, et le directeur provisoire s'empara du gouvernement de la province.

Pendant que ces événements se passaient à Buenos-Ayres, les provinces nommaient leurs représen* tants au congrès constituant qui devait s'ouvrir en septembre à Santa Fé.

L'époque de l'ouverture du congrès approchait; le général Urquiza partit le 8 septembre pour y assister, déléguant le gouvernement de Buenos-Ayres au général Galon, son ministre de la guerre.

Celui-ci, sans influence et sans antécédents propres à le faire accepter par la province de Buenos- Ayres comme conciliateur, et n'ayant pas un prestige suffisant dans les restes de l'armée alliée, ne représentait qu'une autorité nominale. Le directeur

provisoire, en abandonnant Buenos-Âyres, que par la force il avait maintenu dans Tordre jusqu'à cette époque, aurait dû prévoir que Fopposition proflterait de cette occasion propice, et il eût peut-être évité ainsi une révolution qui menaçait d'éclater depuis longtemps. Sa présence à Buenos-Ayres était une nécessité absolue, une conséquence des événements du coup d'État de juin.

La révolution ne se fit pas longtemps attendre. Dans la nuit du 10 au 11 septembre elle eut lieu. Ses moteurs furent ceux-là mêmes que le directeur provisoire avait comblés de plus de faveurs. L'argent répandu de toutes parts fit taire le sentiment du devoir et de l'honneur militaire dans les rangs d'une partie de l'armée.

Cette révolution n'était rien en elle-même; un peu d'énergie déployée dès le commencement eût rétabli l'ordre. L'inaction du général Galon la favorisa et l'encouragea. Au lieu de la contenir et de la réprimer, il crut prudent de se retirer, quoiqu'il eût à ses ordres toute l'armée d'Entre Rios, forte encore à cette époque de plus de trois mille hommes des trois armes, qui étaient restés fidèles à leurs devoirs et bien disposés à maintenir Tordre.

Cette retraite, inutile et précipitée, amena la démoralisation d'une partie des troupes et ne fit que rendre la situation plus difficile, car la campagne de Buenos-Ayres, qui n'avait pas pris part au mouvement révolutionnaire du 1 1 septembre, y adhéra en

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