‹ La Confédération argentineChapitre 22 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

masse le 14, dès qu'elle connut la retraite de l'armée d'Entre Rios.

Entre temps, le directeur provisoire, ayantappris ce qui s était passé à Buenos-Ayres, se mettait en marche avec un nouveau corps d'armée d'Entre Rios, pour renforcer le général Galon, qu'il croyait occupé à étouffer la révolte. A peine arrivé à San Nicolas, il eut connaissance de la retraite effectuée par son ministre de la guerre, qui se trouvait déjà à douze jours de marche de cette même ville.

Tous ses plans étaient détruits; ce n'étaient plus les factieux de BuenosrÂyres qu'il fallait combattre, c était une province entière.

A6n d'éviter une nouvelle guerre civile, le directeur provisoire résolut de se retirer à Entre Rios avec ses troupes, espérant que, tôt ou tard, Buenos- Ayres reconnaîtrait que son opposition n'était pas fondée, et qu'alors elle unirait ses efforts à ceux des provinces en faveur de l'organisation de la Confédération. II adressa, à cet effet, une communication pacifique au gouverneur septembriste, et celui-ci assura, à son tour, qu'il était possédé des mêmes sentiments.

Toutefois, malgré les assurances de paix données au général Urquiza et aux agents diplomatiques des puissances étrangères qui résidaient à Buenos-Ayres, le gouvernement septembriste préparait une expédition armée contre la province d'Entre Rios.

Le 20 novembre, le directeur provisoire devait

assister à l'ouverture du Congrès constituant, réuni à Santa Fé, et le 15 du même mois débarquaient au sud d'Entre Rios, près de Gualeguaychu , deux mille hommes des trois armes, envoyés par le gouvernement de Buenos-Ayres, au mépris de ses engagements et des assurances officielles qu'il avait données aux représentants des nations étrangères, sans déclaration de guerre et sans motif légitime.

Cette expédition sauvage et patricide subit le son qu'elle méritait; quelques centaines d'hommes à peine retournèrent à Buenos-Âyres.

Le directeur provisoire se préparait à châtier la lâche trahison du gouvernement septembriste, lorsqu'il apprit que la campagne de Buenos-Ayres s'était soulevée en masse contre celui-ci, et qu'elle marchait sur la capitale sous les ordres du colonel Lagos, qui mit le siège devant la ville.

Cette révolution n'avait pas un caractère national. C'était l'ancien parti qui avait dominé pendant vingt ans à Buenos-Ayres et qui voulait obtenir une portion du pouvoir conquis en commun en septembre, pouvoir dont il avait été adroitement, mais imprudemment exclu.

Le mouvement du 1" décembre avait réuni un grand nombre de chefs de la milice de la campagne, dont l'ambition devait amener la division et l'anarchie dans les rangs des réactionnaires.

Quelques-uns d'entre eux comprirent qu'il était nécessaire, pour vaincre, de s'unir, de reconnaître

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