‹ La Confédération argentineChapitre 48 sur 151 · CHAPITRE DEUXIÈME. iOi · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. iOi

la pierre à chaux ou calcaire^ qui peut servir aux constructions^ et du gypse pour faire du plâtre.

On s'occupe aussi, dans quelques départements de celle province, de Télève des bestiaux. Les moutons de la Puna sont remarquables par leur taille, la quantité de laine qu'ils produisent, ainsi que la finesse, la longueur et la propreté des toisons. Cette laine est très-estimée pour l'exportation; il n'est pas raïte de voir des toisons qui pèsent de dix à douze livres.

Le commerce d'exportation consiste principalement en bétail de toutes espèces pour la Bolivie, suif, viande sèche, laine, savon, eau-de-vic, sucre, fromage, beurre, potasse, goudron, sel, cuirs tannés, «nmidon de mandioca et de froment, riz, etc.

En 1855, il a été exporté de Jujuy, pour la Bolivie <it les provinces confédérées, une valeur de 266,937 piastres, sans compter pour 54,000 piastres d'or en poudre des mines de la Rinconada et Santa Catalina.

Dans la même année, on a importé de Bolivie :

5,000 ballots de coca, substance que mâchent les Indiens,

valeur de 39,000 piastres *

100 quintaux de café 4,000 »

50 )» de chocolat 1,600 »

300 » deplombetétaiu. . . i,760 »

Total 46,360 piasti*es.

' La piastre vaut cinq francs, et c*est la valeur qu'on doit lui <!onner chaque fois qu'il est question de i iastre dans ce livre.

Pd2 LA CONFÉDÉRATION ARGENTINE.

La navigation du Vermejo donnera au commerce et à rindusirie de celte province un grand développement, car cette rivière facilitera le transport et rexportalion de ses riches produits naturels.

Le budget des recettes et dépenses de la province de Jujuy a été fixé, pour 1855, à environ 150,000 francs.

PROVINCE DE GATAMARCA.

La province de Catamarca s'étend de l'ouest à l'est entre les Andes et ses chaînons. Elle est formées do vallées el de montagnes qui courent du nord au sud. Quelques-unes de celles-ci, à cause de leur c^itrême élévation, restent couvertes de neige toute Tannée. Le sol est généralement sablonneux, mais on l'arrose sans aucune difBculté, grâce aux nombreuses rivières qui arrosent la province; les différentes hauteurs des localités permettent la culture des plantes et des arbres de toutes les régions. On cultive ainsi avec succès, à Catamarca, la pomme de terre ou le froment, et la canne à sucre ou le cotonnier.

Li culture du cotonnier, qui est appelée à exercer nne grande importance dans la Confédération et à devenir un des articles les plus importants de son exploitation, donne à Catamarca d'excellents résul- Ints. Le coton de Catamarca a été apprécié en Europe, et il peut rivaliser avantageusement avec le meilleur colon connu. Il n'est donc pas inutile d'entrer dans

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quelques détails relatifs à celte culture si facile et si productive.

On choisit, pour la plantation du cotonnier, un sol sablonneux, car on a remarqué que cette qualité de terrain avait une grande influence sur la blan* cheur, la finesse et la longueur du coton.

La terre se prépare au moyen de la charrue et de la herse, et l'on ouvre des sillons de quatre en quatre pieds de distance, intervalle que Ton conserve aussi entre les cotonniers. Ordinairement on place de seize à vingt graines à la distance indiquée, quoique quatre suffisent, afin que celles qui croissent aux bords du semis protègent celles du centre contre Tardeur du soleil, qui pourrait sécher les jeunes plantes, très-sensibles à son action ; il suffit d'une journée de fort soleil pour sécher toutes les plantes naissantes. La graine doit avoir été trempée dans l'eau pendant vingt-quatre heures avant de semer, afin d'accélérer la germination, et elle doit être recouverte seulement d'un peu de terre. Lorsque les plantes ont atteint un pied de hauteur, on relève la terre du côté du midi pour les garantir de l'action du soleil et leur conserver le plus d'humidité possible. A cette époque, Ton commence l'arrosemenlau moyen des canaux d'irrigation et Ton nettoie la plantation. En hiver, on n'arrose point; mais, en été, on procède à cette opération au moins deux fois par mois.

Lorsque l'on sème en août, les cotonniers pro-

duisent la première année, mais seulement la moitié ou le tiers de la production maximum. La plantation est perpétuelle; et, si quelques pieds se dessèchent, on sème, pour les remplacer, de nouvelles plantes au printemps. Les cotonniers gèlent en hiver; c'est pour cette raison qu'on a l'habitude de couper ou de briser tous les ans les vieilles branches à la fln de l'hiver, afin qu'elles n'empêchent pas les nouvelles de croître.

Si Ton prend pour base la culture d'une étendue de 80,000 varas carrées, ce qui fait à peu près 5 hectares 70 ares, qui admettent de 44 à 46,000 pieds de cotonnier, produisant la première année de 2,000 à 5,000 livres de coton avec graines, la seconde, de 4,000 à 5,000, et la troisième de 7,000 à 7,500, les bénéfices de la culture du cotonnier peuvent s'estimer par le calcul suivant :

VALEUR DO CAriTAL EllPLOYÉ

Terrain avec haie 500 fi*ancs.

Habitation 250 v

Bœufs (le labour, charrue, outils 255 •

Semence 15 »

Total i,000 fi*ancs.

DÉPENSES ANMTELLKS

Inlérêt du capital, 1 2 iK>ur i 00 Tan i 20 francs.

Salaire de l'ouvrier 450 k

Ârrosemcnts 60 »

Dé[)enscs pour faire la récolte 100 »

Total 750 francs.

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