CHAPITRE DEUXIÈME
sont celles de la Californie et de l'Australie; elles sont au milieu de villes et d'une campagne habitée par un peuple civilisé et chrétien, religieux, hospitalier et travailleur. Il n'existe pas de maladies endémiques; bien au contraire, son climat est des plus salubres. Les aliments sont abondants et à bon marché. Le combustible végétal et l'eau existent en quantité plus que suffisante pour pourvoir à tous les besoins, et l'on est déjà sur les traces de la houille. D'immenses et fertiles prairies naturelles assurent le fourrage des animaux. Catamarca produit toute espèce de céréales et de fruits; cette province est couverte de bestiaux; on y fabrique l'eau-de-vie et le vin; le tabac s'y cultive en abondance. Les moyens de communication sont passables et s'améliorent de jour en jour.
GORDOVA.
Cette province possède une longue chaîne de mon* tagnes qui lui servent de limites à l'ouest, et qui courent du nord au sud; elles sont connues sous le nom de montagnes de Cordova. l^e pic le plus haut a 2,500 pieds au-dessus du niveau des plaines.
Du flanc des montagnes de Cordova descendent une grande quantité de rivières qui arrosent les plaines, constamment couvertes d'herbes qui servent à la nourriture de nombreux troupeaux.
Les montagnes et leurs contre-forts renferment
des mines de cuivre et d'argent, exploitées depuis de longues années avec de grands avantages. Nonseulement elles renferment l'argent et le cuivre, mais encore For, le plomb, le zinc et le fer.
Argent. — Les mines d'argent sont situées à 50 lieues ouest de la ville de Cordova, dans les départements de Pocho et Punilla; elles sont nombreuses, car il en existe actuellement plus de soixante en exploitation. Le minerai est la galène argentifère/ dont i'aloi varie de 15 à 40 marcs par caisse; Taloî général est de 25 à 30 marcs. Le grand avantage que possèdent ces mines est la constance du minerai; il n'existe pas d'interruption dans les veines, et leur peu de profondeur n'exige que dans des cas rares l'emploi de machines d'épuisement pour l'extraction des eaux.
Les établissements de bénéfice de minerai qui existent dans cette région de Cordova sont au nombre de cinq :
Le Trapiche de Mercedes^ de D. Manuel delà Lestra ;
Ojo de Agua et GuaycOy de MM. Roque et frères;
Cacapichey de D. José A. Gomez.
La Union, de D. Carlos Brian y D. Luis Ernesto Louviot;
Santa Barbara , de D. Manuel de la Lastra y don Guido Zaldamiga.
Le Trapiche de Mercedes est situé à Taninga, paroisse de Pocho, à 30 lieues ouest de la ville d§ Cordova.
CUAPITRË DEUXIÈME. 159
Le traitement des minerais s'y fait par la fonte, dans des fourneaux à manche; cet établissement a aussi des fourneaux à réverbère pour le grillage et la coupellation, et un moulin pour réduire on poudre les minerais que Ton extrait par Tamalgamation. Le vent nécessaire pour faire marcher les fourneaux est produit par une trompe.
La machine d'amalgamation se compose de tonneaux mus par une roue hydraulique. Elle travaille pou, par suite du manque de minerais propres à ce genre de traitement.
Les fourneaux fondent annuellemeent 6,000 quintaux de minerais.
Les fondants que l'on emploie sont le fer et la chaux; pour combustible, on se sert de bois, dont le prix est d'environ 12 francs les 5,000 livres.
L'établissement admet au traitement des minerais qu'on lui remet, et le prix du traitement est de 300 à 350 francs les 5,000 livres de minerais; lé plomb et les scories restant à bénéfice de l'établissement.
L'établissement de Ojo de Agua y Guayco est à 5 lieues à l'ouest du précédent, et en communication directe avec Cordova par différents chemins, dont les plus courts sont ceux qui traversent la montagne; mais ils ne peuvent servir que pour le transport à dos de mulets. Les mulets chargent de 300 à 350 livres, et même jusqu'à 400. Le prix de la charge varie de 60 à 75 centimes par 25 livres.
i40 LA CONFÉDÉRATION ARGENTINE.
Il y a aussi une route pour charrettes, qui conduit de rétablissement à Cordova, en traversant les plaines de Soto et d'Olain, entre les montagnes de Gosquin et d^Achala.
Le bois et le fourrage abondent dans les environs de l'usine, et les cours d'eau suffisent pour donner le mouvement aux machines et arroser les champs destinés à l'agriculture.
Les établissements de MM. Roque et frères ont pour objet l'exploitation et traitement des minerais argentifères. Us auraient une importance notable, tant à cause de l'abondance du minerai que des ressources pour l'exploitation que prennent ces lieux, s'il y avait des bras en nombre suffisant.
Quarante mines exploitables dépendent des usines; deux seulement sont en exploitation, et une seule d'elles l'est activement, celle de San Âgustin.
Les minerais de San Âgustin consistent en sulfurés argentifères, qui donnent 30 marcs d* argent par 5,000 livres de minerais, et quelquefois jusqu'à 50 marcs.
Les nions courent dans des roches stratifiées de schistes et de gneiss, contenant de Toxyde de fer dans les parties adjacentes aux filons, qui suivent la direction du sud au nord, avec une légère inclinaison à l'ouest. Leur largeur varie de 9 pouces jusqu'à 9 pieds.
Quelques mines, et entre autres la Bella Amcricana et San Milelon, donnent de 30 à 50 marcs