‹ La Confédération argentineChapitre 86 sur 151 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Principales voies de oommanication par lerre et par, eau.

Le côté le plus remarquable de la topographie du territoire argentin est Timmense superficie de plaines qu'il renferme dans ses limites, superficie qui peut se diviser en deux grandes fractions : — la partie peuplée, dans laquelle sont disséminées, à des distances lointaines, les capitales des provinces, — et la partie entièrement déserte, ou le Grand Chaco.

Ces vastes contrées sont baignées par un grand nombre de fleuves et de rivières, qui forment un précieux réseau de communications naturelles : les fleuves Parana et Uruguay sont les artères de ce grand système, A ceux-ci viennent aboutir d'autres cours d'eau non moins importants qui baignent le centre de la Confédération; ce sont :1e Salado, le Yermejo et le Pilcomago, auxquels se rattachent des ramifications qui sont aussi navigables ou qui peuvent le devenir avec fort peu de travail.

Les fleuves Parana et Uruguay et celui du Paraguay, qui est une branche du Parana, sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de s'en occuper.

Le Salado prend sa source à l'ouest de Sa! ta, et.

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de ce point jusqu'à la frontière de cette province, il porte le nom de Pasaje. Dès la frontière de Salta jusqu'à son confluent avec le fleuve Parana^ il est navigable.

. Ce fleuve, qui met en rapport les provinces du nord de la Confédération avec le littoral, a été l'objet d*une minutieuse exploration faite, en 1855, par le capitaine Page, commandant du vapeur de guerre des États Unis le Waterwieh.

l/C capitaine Page n*a rencontré dans son voyage que des joncs qui croissent en abondance dans les lacs que forment les débordements de la rivière à son passage dans la province de Santiago del Estero, et quelques arbres renversés. Il assure que la rivière peut être facilement débarrassée de ces obstacles, et qu'alors elle sera navigable pendant au moins six mois de Tannée pour des vapeurs, avec un tirant d'eau de trois ou quatre pieds, jusqu'à San Miguel, frontière de Salta, et même plus haut encore, c'està-dire sur une longueur, en ligne droite, de plus de trois cents lieues*

Les travaux nécessaires pour nettoyer la rivière seraient peu coûteux, et cette navigation aurait une importance immense pour les provinces de Jujuy, Salta, Catamarca, Santiago, la Rioja et quelques départements de celles de Cordoya et le Santa Fé.

Les productions de ces provinces, sujettes aujourd'hui à un transport coûteux et long, qui ne permet guère leur exportation, trouveraient par le Salado

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une voie facile et prompte, et il n'est pas douteux que, s'il existait un service de navigation sur ce fleuve, l'émigration se porterait vers ces rives riches et fertiles.

Dans la saison des hautes eaux le Salado déborde sur une grande étendue de terrain dans les endroits où le fleuve n'est pas encaissé. Quoique ces inondations périodiques rendent inutiles pendant quelques mois les immenses champs qu'elles recouvrent, elles offrent le grand avantage de les fertiliser chaque année. I>es parties qui ne sont pns inondées restent plus arides ; cependant elles sont couvertes de forêts qui donnent de très-beaux et très-bons bois de construction et d'ébénisterie ; elles produisent aussi en abondance le nopal, sur lequel on récolte de trèsgrandes quantités de cochenille de très-bonne qualité.

La vaste étendue comprise entre le Salado et le Dulce présente de grandes variétés dans la nature du sol : dans certaines parties il est fertile et couvert d'herbages; dans d'autres il est aride et sablonneux et renferme beaucoup de sel et de salpêtre ; mais en général,, tous ces champs sont excellents pour l'élève des bestiaux.

Le terrain, qui est plat, ne permet pas d*établir facilement un système d'irrigation artificielle; aussi les habitants des rives ont l'habitude de semer leur blé dans les endroits où l'expérience leur a appris qu'atteignaient les crues moyennes.

, et possibilité d'exportation pour des produits aujourd'hui sans débouchés par suite des prix excessifs du transport par terre.

Le commerce européen avec la Bolivie se fait actuellement par terre, en transit par la Confédération ou pour la côte du Pacifique en doublant le cap Horn. Il n'y a pas de doute que dès qu'il sera établi un service de navigation à vapeur sur le Vermejo, on préférera celte voie plus courte et plus sûre. Cette navigation intéresse donc à la fois la Confédération, la Bolivie et toutes les nations commerciales et maritimes du monde.

La république bolivienne ne possède qu'un seul port de mer, Cobija, qu'elle a protégé par tous les moyens possibles, mais qui n'a pu acquérir l'importance qu'on voulait lui faire prendre. Le port unique peut être bloqué en cas de guerre, et alors la Bolivie serait privée de tout commerce direct avec l'extérieur, tandis que la navigation du Vermejo lui offre une issue qu il ne serait pas facile de lui fermer en temps de guerre.

D* un autre côté, les provinces boliviennes situées à l'est de Potosi sont incomparablement plus riches et plus privilégiées, en toutes espèces de productions naturelles, que celles de l'ouest; mais les nombreuses branches d'industrie et de commerce de la région de l'est ne pourront pas se développer si l'on ne cherche à donner aux produits de cette partie du territoire bolivien un débouché prompt et facile

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