‹ La Confédération argentineChapitre 87 sur 151 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

qu'ils ne possèdent pas aujourd'hui, puisqu'ils sont obligés de faire des centaines de lieues à travers des déserts et des chaînes de montagnes qui ne permettent que bien diilGcilément le transport à dos de mulets. Les cuirs, les laines, le coton, le café, le cacao, etc., ne peuvent s'exporter avec avantage par le port de Cobija ; les métaux même, si abondants dans la partie sud-ouest de la Bolivie, ne pourraient prendre cette route.

Le Vermejo est donc pour l'exportation des provinces boliviennes, de Santa Cruz, Cochabamba et Charcas, la seule voie possible. Us se dirigeraient sur Tarija, et près de cette ville oflen eflectuerait l'embarquement. Les transports directs jusqu'à Tarija auraient l'avantage de ne pas devoir passer la Cordillère des Andes et se feraient par des chemins beaucoup plus faciles et plus unis que ceux qui conduisent à Cobija.

Le gouvernement bolivien a compris l'importance de l'ouverture de cette nouvelle voie et a offert une prime de 10,000 piastres au premier bâtiment à 'vapeur qui entrera dans son territoire par le Vermejo.

La navigation de ce fleuve n'est plus un problème aujourd'hui; il conviendrait donc que le gouvernement de la Bolivie, à l'exemple de celui de la Confédération Argentine, adoptât un moyen d'encouragement plus efQcace. Ce dernier, par une loi de septembre 1855, a accordé une réduction de la

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moitié des droits d'importation à tous les articles introduits par le Yermejo et a déclaré libre le transit de ceux qui se rendent en Balivie par cette même voie. (Appendice 0).

Une société s'est formée^ Salta pour la navigation du Yermejo, et le premier vapeur doit faire ce service en décembre 1856.

Le Pilcomayo, d'une importance au moins égale à celle du Yermejo^ prend naissance dans les hauteurs, au nord-ouest de Potosi, et, avant de se jeter dans le Paraguay, il se divise en deux branches, dont la plus rapprochée de la Asumpcion a son embou* chure à 9 lieues au sud de cette ville.

Ce fleuve a été exploré en 1721 par le jésuite Fatino, qui partit le i4 août du fort de Asumpcion, à bord d'un bâtiment de 80 tonneaux que les Jésuites avaient fait construire pour cette exploration.

L'expédition remonta le fleuve jusqu'à une distance de 471 lieues et demie de son embouchure, et, d'après le journal du bord qui fournit ce chilTre, les deux bras du Pilcomayo se réuniraient à 95 lieues et demie du confluent du bras septentrional avec l^Paraguay. Par la distance parcourue et indiquée par Fatino, il est permis de croire que cette exploration est arrivée jusqu'à la latitude de Chuquisaca.

Azana a également exploré une partie de ce fleuve; mais il en parle à peine dans ses voyages; depuis cette époque aucun explorateur n'y a pénétré.

Ce grand système de communication fluviale forme

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la base de la prospérité do la Confédération, dotée de tous les' éléments nécessaires pour attirer l'émigration et développer son industrie, car c'est la facilité du transport qui donne l'impulsion à la production et au commerce.

Mais ces grandes voies naturelles ne suffisent pas; il faut y relier les centres de population actuels, non-seulement dans l'intérêt du commerce, mais encore dans celui de la civilisation, du progrès et de la bonne administration du pays.

Salta est à 455 lieues de la Plata, Mendoza à 319, Corrientes à 261 ; ces chiffres prouvent, à l'évidence, qu'il faut protéger tous les systèmes de locomotion et établir de nouvelles routes pour relier entre elles toutes ces populations isolées.

La libre navigation des fleuves intérieurs de la Confédération a mis le littoral en communication directe avec tous les pavillons étrangers, et le gouvernement argentin s'est empressé d'encourager cette même navigation en accordant des subsides aux compagnies de bateaux à vapeur qui se sont établies sur le Parana et l'Uruguay. Il a aîissi compris que la libre navigation ne produirait aucun avantage aux provinces de Tintérieur, s'il ne les mettait pas en communication directe avec le littoral, et il s'est empressé de favoriser la navigation des fleuves qui traversent le centre de la Confédération, et a également créé de nouvelles roules, amélioré les anciennes et établi des transports accélérés.

VJ^ LA CONFÉDÉRAtlOff ARGBIfTlNE.

Une rouie qui doit traverser le Chaco, entre le Salado et le Vermejo, et qui mettra en communication directe les provinces du Centre et du Nord, a clé décrétée le 17 septembre 1855. (Appendice P.)

Il a aussi été institué un service de postes et de diligences qui mettent en contact prompt et presque journalier les provinces littorales et celles des Andes, du Centre et du Nord. Mais des communications plus vastes et d'un intérêt plus grand réclamaient les soins du gouvernement national. Si Ton examine avec attention la carte géographique de l'Amérique du Sud en particulier et celle des deux hémisphères, on observera que, s'il était possible de créer une route ou un chemin de fer qui relierait la Plala à Yalparaiso, la Confédération Argentine serait destinée à servir d'union entre l'océan Atlantique et le Pacifique. L'établissement d'un chemin de fer duRosario à Mendoza est la partie la plus importante de cette nouvelle voie de communication, à laquelle viendraient se rattacher les ramifications qui conduiraient aux difTérentes provinces argentines.

Le gouvernement a donné déjà un commencement d'exécution à celte grande idée d'unir les deux océans à travers son territoire. 11 a décrété les dépenses nécessaires pour l'exécution des travaux de reconnaissance et du tracé de la ligne jusqu'à Cordova, et ces travaux sont terminés. Le Rosario, qui doit être le point de départ du système général de communications intérieures et celui de la route du

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