CCMMENCEMENT DES TAXES DIRECTES
Pour faire accepter les premières taxes de ce genre, on a dit aux représentants de la campagne : ( Laissez-Lous faire, cette taxe ne vous regarde pas; ce sont.les marchands des villes qui la paieront ; quand ils voudront avoirde l'argent aux banques ou régler leurs conventions par billets, ils devront mettre des timbres. sur ces billets, pour leur donner, une valeur 1égale, et puis nous ne taxerons que les gens. assez riches pour faire des billets de $100”,—et la taxe a été votée. l
Une année s'était à peine écoulée que l’on imposait une autre taxe directe, en exigeant des timbres pour l’enrégistrement de tous {es actes, — et cette fois le cultivateur était atteint comme le marchand. Une autre année s'était à peine écoulée que le timbre -xigé pour 'es billets de $109 s’étendait à tous les petits billets, en so: « que touvie monde était taxé. Bientôt on ne fera plus un contrat de mariage, un testament, une vente, sans payer une taxe.
Et ces taxes ne suffiront pas. cncore, car il va nous falloir doubler bientôt toutés les dépenses publiques.
M. Galt, au banquet de Lennoxville, le 22 mai 1867, a promis que nous aurions.sous peu d'années une marine plus forte que celle des Etats- Unis, et des fortifications dont, l'importance ne.serait égalée que par leur coût et leur parfaite inutilité,
M. Cartier, en Angleterre, a dit dans un diner que nous serions heureux d'offrir notre territoire pour. vider les querelles qui s'élèveraient entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, —c'est-à-dire que nous étions sidévoués, si luyaux, que nous verrions avec plaisir nos terres dévastées, nos maisons
brûlées, nos compatriotes conduits à la boucherie, nos domiciles, nos femmes et nos filles livrés à la soldatesqne anglaise ou américaine, pour une querelle qui serait peut-être née à l'extrémité du giobe entre un vaisseau anglais et un vaisseau américain !
M. McGee a écrit de Paris une lettre à ses électeurs dans laquelle il äit que tous les canadiens doivent être soldals ou marias. ER ge
Si, sans chemin de fer intercolonial et avec trois gouvernements, sans armée et.sans marine, nos revenus sont insuffisants pour faire face aux dépenses ; s’il a fallu taxez et surtaxer le peuple, au point de chasser du pays une grande partie de notre population, qu'allons-nous devenir sous la Confédération, avec des fortifications et un immense et inutile chemin de fer à construire, une armée et une marine à créer et cinq gouvernements à soutenir ? ;
On veut créer une marine qui soit bienté supérierre à celle des Etats- Unis,—c'est-à-dire on veut, avec une population de 4 millions et en quelque années, arriver à ce que les Etats-Unis ont mis un siècle à faire et font aujourd'hui avec une population de 35 millions. On veut construire des forts sur une “tendue de pays plus vaste que la France et l'Allemagne réunies. Le premier pas de la Confédération est une dépense de 20 millions au moins pour 12 construction d'un chemin de fer qui, dans aucune saison de l’année, Me paiera l'huile nécessaire au mouvement de ses roues.— Nous avions les, trois gouvernements du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse : nous allons avoir les gouvernements :-- 1o Du domaine du Canada ; 20 De la province d'Ontario ; 30 De ia province de Québec; 40 De la Nouvelle-Ecosse; 50 Du Nouveau-Brunswick.
Si l’on veut avoir une idée de ce que seront les dépenses de ces cinq gouvernements, on n’a qu'à juger du reste par le salaire du gouverneur. Ce salaire sera de 50,000, juste le double du salaire du Président des Etats-Unis, qui gouverne un empire de 55 millions d'âmes,—tandis que potre gouverneur n'aura autour fe lui qu’une population de 4 millions. Sous l'ancien ordre de choses nous nous endettions affreusement : que sera-ce donc sous le nouveau ?