‹ La confédération [microforme]Chapitre 15 sur 18 · POLE US · texte numérisé non relu

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| Î | | | Canada, l'on a placé la population canadienne-française sous la prédomi- 1 rance absolue d’une majorité anglo-saxonne de trois contre un. i Au sein du Bas-Canada la race anglo-saxonne a reçu, dans le Sénat, j une représentation trois fois plus considérable que celle que son nombre f lui assignait.

j Les conspirateurs qui ont organisé le coup d'état commençant à la Con- Î férence de Québec et aboutissant à l'imposition de la Conf'dération parile ï parlement anglais, ne pouvaient se dissimuler les aspirations de toutes l la nuances de la population vers un plus lurge horison que celui de à l’état colonial, et ils ont cherché à donner le change à ce sentiment, en Ho à aprelant ce nouveau régime d'un nom sans siguification définie et qui que est jeté aux populations comme une énigme. ' Les anglais diront “ Tbe Dominion of Canada, ” qui inplique également | l'idée de sujétion à un pouvoir supérieur et l'idée de souveraineté chez le 1 ù supérieur. Les français n’ont aucun mot pour rendre la double signifi- Hu ? cation de Dominion.

J1 La plupart aspirant avec impatience à la réalisation d’uné idée commune ont accepté sans discussion le traduction du mot par PUISSANCE, comme : : | si nous cessions d’être colons, par la Confédération. nil. Certes! si-un peuple peut devenir une Puissance, parce qu'il entre dans ul. la voie ruineuse d’une armée permanente, d'une marine, de fortifications, M à pour le compte d’un pouvoir lointain, qui aura seul le droit de faire la nil à guerre ou la paix ; ; - Si c’est devenir une puissance que de se charger de taxes directes et 1 indirectes, de doubler la dette publique et les dépenses ordinaires et extraor- ‘h dinaires, dans l'intérêt de ce pouvoir éloigné, 1l faut confesser que nous sommes ou allons devenir une puissance |:

En supposant même que ce mot ne serait pas un mensonge, ne paierionsnous pas trop cher pour arriver à la véritable indépendance ?

Le Président des Etats-Unis n'est-il pas le chef d’une nation indépendante? Cette nation, la plus riche de la terre, se compose de 35 millions d’âmes, et son Président ne reçoit que 825,000, en greenbacks, par année, Avec une population de moins de 4 millions, nous allons payer $50,000 en or à notre gouverrear!

* La nation amtricaine administre ses affaires par l'entremise de 7 ministres. Nous aurons, nous, 13 ministres !

Pendant cinquante ans nous avons Jutté pour assimiler notre régime par- Mi) lementaire à celui de nos voisins en soumettant au système électif tous nos | législateurs ; et nous y élions parvenus, sans même porter le nom menteur de Puissance sur le frontispice de notre parlement.

Nous allons avoir maintenant 24 sénateurs, 24 conseillers législatifs, nommés à vie, par la puissance dont nous relevons. Nous tiendrons aussi de la bienveillance de nos maîtres un lieutenant-gouverneur et des ministres irresponsables à la tête du gouvernement local.

Si les auteurs de cette noire conspiration réussissaient à étouffer,la voix

4 du patriotisme, et si le peuple canadien leur confait ses affaires, il subirait

4 bientôt la double calamité qui à frappé le peuple juif, qui fut un jour le e peuple de Dieu, Avant d'être dispersé par le monde, comme l'émigration commence à le ' n . faire, le peuple canadien passerait d’abord par la captivité. | 4 Comme ls peuple de Dieu il s'interrogerait, en pleurant sur les bords de | son grand fleuve désolé, sur les causes de ses malheurs. le: On lui répondrait comme il fut répondu aux enfants d'Israël. i | HA Ce sont vor saux prophètes, vos faux patriotes qui vous ont perdus, Les

anneaux de votre Chaîne commencent au programme de lord Durham et dans la corruption de vos chefs ; ils se continuent dans les scélératesses politiques et administratives auxquelles les faux serments du poll et la subornation des électeurs ont donné libre cours; ils s’enchainent les uns aux autres par les contrats à la Baby, les remises faites aux Beattys dans les chemins du comté de York, les Jobs à la Foote, les fraudes électorales d'un Fellowes, le trafic honteux des emplois publics, la profanation du sermen dans le double shuffle, le gaspillage des deniers publics jetés au Grand-Tronc, à la Banque du Ha”..- Canada, à l'emprunt municipal du Haut- Canada, aux vapeurs océaniques, aux édifices d'Ottawa, aux affamés du torysme, pour aboutir à la progression monstrueuse de la dette publique et des taxes, —enfin par 14 conspiration de Québec et la vente en gros d’un peuple généreux, mais tiop confiant dans ses faux prophètes et ses chefs corrompus.

Si l'on demande comment le système représentatif a pu se heurter à tant d’infamies, on répondra : Partez encre de la subornation et du faux serment pratiqués au poil et qui vous ont composé une majorité d’eunuques prête à acclamer toutes les hontes, puis vous arrivez au moment où les conspirateurs ont soufflé à l'oreille d’une douzaine de personnes que chacune d'elles serait lieutenant-gouverneur, à celle d'au moins deux cents autres qu’elles seraient sénateurs ou conseillers à vie, à celle de deux ou trois douzgines d’autres qu’elles seraient ministres à Québec, et ainsi de suite pour les centaines de sinécures créées par le nouveau régime.

Et c’est ainsi que le peuple s'est éveiilé un matin sans retrouver un ves- *’.+e de sa constitution politique, et membre d’une puissance où le ventre de n: | es coquins va seul régner, si on les laisse faire.

Uontre ce fait accompli, il reste, Dieu merci, les armes qu’il fournit. Les majorités seront longtemps impuissantes à briser le réseau d'irresponsabilité dans lequel on les a soigneusement enfermées. Mais si les électeurs sont fidèles àeux-mêmes,—-s’ils surveillent les faibles et les ignorants autour du poll,—s'ils en bannissent les faux serments, la corruption et l'indifférence, avec le secours d’une presse libre, d’un vote indépendant, du droit de réunion et de discussion, ils auront bientôt raison des traîtres qui ont troqué les intérêts de leurs compatriotes pour la satisfaction de leurs appétits personnels.

Avec ces quatre moyens d'action, la presse, le vote, la parole, la communion des idées dans les réunions publiques, le granit féodal lui-mime peut être réduit en poussière. :

Eh bien! que tous ces moyens soient simultanément mis à l'œrvre du salut commun!

Que sur tous les points du pays, une presse inspirée et intègre, une multi-

+ tude éclairé: ! tritée, des milliers de voix éloquentes, et par-dessus tout un vote libre, : -. ;:ur de toute souillure, s'unissent pour marquer au front les hommes 8 . L:6tsans honneur qui ont brocanté les nobles traditions de notre hi: e* ‘avenir de leurs concitoyens.

Que sous ! ‘* .at implacable de l'opinion outragte, les traitres brûlent

dans le vil métai de ! ur trafic, comme dans une chemise de Nessus!

Que les titres et les hochets dont ‘ls essaieront de couvrir leur honte enveloppent leurs noms d'infamie dans l’histoire et soient le déshonneur de leurs enfants |

Si les électeurs comprennent ainsi leurs devoirs et font prévaloir leurs vues au poll, le sort des conspirateurs est à jamais réglé et le pays sauvé, dès la première session du parlement fédéral.

Dans le Haut-Canada, le parti tory ne résistera pas dans vingt comtés sur les 82 qui vont tre repr'sentés dans les Communes.

Dans les provinces maritimes, le parti tory n'exis'ait plus que de nom, avant la Conféd ration, et sur les 34 membres qu’elles. vont. envoyer aux Communes, il ne s'en trouvera pas:un tiers qui veuille confier les destinées du nouveau r gime aux mains perfides qui l'ont créé.

Que le Bas-Canada entre, lui aussi, dans le courant généreux qui portera. au pouvoir des hommes dont l’écusson n'est terni par aucune lîchet :—dés hommes dont le dévouement.a ét: mis à l'épreuve et qui, au lieu de sacrifier le peuple à leurs intérèts particuliers, ont praïiqué le sacrifice d'eux-m mes etde leur avancement personnel au salut de la chose publique, Et alors la machine invent e pour notre ruine pourra nous acheminer sans secousse à nos destinées providentielles et inévitables.

Si au contraire l’apathie et l'indifférence des électeurs maintiennent au pouvoir ceux qui ont fabriqué la chaine qui pèse d‘Jà si lourdement sur nous, les canadiens-français entreront bientôt dans cette phase de d‘population et d'éparpillement qui les effacera, comme race, du continent.d’Amérique.

Mais, grices à Dieu lil: y. a assez de vitalité et d'intelligence dans notre population pour d'jouer les desseins pervers des conspirateurs. L'attitude des citoyens du Bas-Canada indigne un réveil général. L'isolement se fait

autour des traitres. Le projet :: 11° de la Conf. d ration avait détaché d'eux la jeunesse entire, daus,le\ . + Montr(al,—et. à mesure que le nouveau régime se révèle aux yeux: 17 qui l'avaient accepté de.con-

fiance, ceux-li m°mes reconuaissent au; .sd’hui leur erreur et sont, prôts.à enrégistrer leurs votes contre les auteurs de la Conf. dération.

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