Voir le Temps. 5 février
3. Le Temps du 5 lévrier commenta en ces termes Tarticle de la Gaselir de Coloyne :
« Nous reconnaissons volonlii.M's le ton généralement modéré de ce document. Nous pensons, comme notre confrère, qu'on fera bien, tant à Varis qu'à Berlin, de suivre avec attention, mais sans nervosité, les débats de la conférence. Aussi bien, il est faux que de l'issue de ces débats dépende la paix de ri!:urope. Suivant i\vlo cette issue sera plus ou moins favorable, la situation
deui% éprouva le besoin de nous rassurer sur les suites d'un éclieo ' possible de la conférence. Elle ajouta, d'ailleurs, que la réunion €pule de celle assemblée assurait au prestige de TAUemagne la [ salisractioD nécessaire. La Gazette de Franfort observa de son \ côlé que, depuis la réunion dWIgésiras, personne à Berlin ne pouvait plus parler d'isolement. C'étaient là des constatations satisfaisantes, puisqu'elles semblaient dégager le débat des considération}d'amour-propre, qui, si longtemps, l'avaient compliqué. On continuait, il est vrai, à soutenir par intermittence que nous avions «promis», — où, quand,comment, on ne le disait pas, — de ne pas solliciter le mandat de police. Mais la polémique avait perdu de son Âpreté. El quand M. Jaurès crut devoir, le 8 février, interpeller M. Rouvier pourlui demander « s'il acceptait la responsabilité des campagnes de presse tendant à créer dans l'aiïaire marocaine de dangereuses complications », l'unanimité évidente par laquelle la Chambre obligea l'auteur de l'interpellation à la retirer, ne provoqua pas à Berlin les commentaires auxquels on aurait pu s'attendre ^
internationale sera plus ou inoina cIcLirc. Mais il est absurde do supposer «]uo la fTUcrrc en dût sortir, si l'on n'arrivait pas à s'entendre sur la rjueation de la pulîco. Sur tous ces points, nous sommes d'accord avec la Gazelle de Cologne, tl nous éprouvons même <iuel(|uc surprise à la voir ciifniieer une porto si Kramlc ouverte. « Il s'en faut, écrit son correspondant de Ucrlin, (|ue rûclu'i* île la conférence puisse être pour l'Allemagne une raison de tomlicr sur la France. » En vcrilê, s'il en était autrenicnt, que faudrait-il poncer des assurances pacifiiiucs du gouvernement impérial? Au surplus, la Gazelle de Cologne ft'cxagère nos « in(iuiéludcs » et noire « nervosité ». La France n'e<t ni inquiète ni nerveuse, d'ahonl parce qu'elle n'estime pas que ses aspirations légitimes puissent justilier une agression, ensuite parce (ju'une attaque iojusUGéc no la trouverait ni moralement ni matériellement démunie. Sans insister plus que de raison sur une phrase qui nous parait seulement un peu lourdement rassurante, nous préférons i-etenir un autre passage de la nii'-me dépOclie, passage qui, selon nous, énonce une idée très-juste. « Lo fait <|ue la confén^nce s'est réunie, écrit le correspondant berlinois de la Gazelle de Cologne, a déjà eu cette conséquence que l'on ne peut plus parler maintenant d'une diminution du prestige de l'Allemagne. » 11 nous plail de trouver dans un journal allemand l'expression de celle opinion, que nous avons soutenue souvent sans rencontrer pour elle à Berlin l'écho «{ue nous souhailitjnâ. C'en est donc fini désormais dos arguments d'amour- propre. )>