‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 109 sur 357 · I. Vt)ir ri-(los.*^ou.^, pa}?<» i · texte numérisé non relu

I. Vt)ir ri-(los.*^ou.^, pa}?<» i

pagne, dans la banque, une situation supérieure à celle de toute autre puissance, la France exceptée *. Notre part, comme puissance, étant égale à la sienne, nous restions dans la lettre do l'accord. El quant à l'esprit, nous pouvions rétrocéder aux Espagnols une des quatre parts du consortium, dans lequel au surplus les banques espagnoles étaient représentées. Si Ton note en outre que nous réclamions la législation française; que nous indiquions Paris comme siège social et comme lieu de réunion du conseil d'administration, on voit que, pour n'être pas exagérées, nos demandes se trouvaient pourtant établies de telle sorte que, suivant les instructions de M. Rouvier, nous gardions la possibilité de consentir des concessions sur le terrain économique.

Le samedi 17 février, M. Regnault, sans découvrir les détails de notre plan, revint une fois de plus sur les idées dont il s'inspirait. Le comte de Tattenbach ne fît pas autant d'objections que les fois précédentes. Il prit des notes, annonça l'intention de télégraphier à Berlin et de continuer la conversation. 11 espérait, dil-il, pouvoir à titre privé, communiquer bientôt à son collègue, comme conclusion de ces entretiens préliminaires, un projet allemand. Nous étions autorisés à penser que ce projet, s'il ne nous donnait pas complète satisfaction, représenterait du moins un effort transactionnel ; que, sans abandonner en principe sa Ihèsc de l'égalité absolue, l'Allemagne reconnaîtrait en fait les droits indiscutables des banques françaises et que, renonçant à introduire dans le débat sur la banque des préoccupations politiques, elle chercherait avec nous un arrangement équitable et pratique, mettant en harmonie les intérêts respectifs. Un coup de théâtre double et simultané allait montrer ce que valait, tant pour la police que pour la banque, l'optimisme do ceux qui nourrissaient cet espoir.

Le lundi, 19 février, dans la matinée, M. de Tattenbach vint voir M. Regnault.

i . Voir ci-dessus, page 59.

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— Je vais, lui dit-il, vous communiquer mon projet. Je Tai <*tabli avec M. de Glasenapp, fonctionnaire de la Deutsche Bank. Je vous prie de considérer celte communication comme toute personnelle.

Ce disant, il remellait à son collègue le document aDOoncé. M. RegnauU, en y jetant les yeux, éprouvait une légitinie curiosité mêlée d'assez de confiance. Ll savait, en effet, que M. Gwinner, directeur de la Deutsche Bank, arrivé à Paris la semaine précédente, avait dit à M. Thors, directeur de la Banque de Paris, que les projets étudiés à Algésiras lui semblaient bien compliqués; qu'il fallait simplifier ; demander 60 parts pour la France, en offrir 40 à l'Allemagne et qu*à Berlin on accepterait. M. Thors, naturellement, n'avait rien répondu. Peui-étre cependant la suggestion de M. Gwinner se serait>elle introduite dans le papier ((ue M. de Tatlenbach venait de remettre à M. RegnauLl; en tout cas, y retrouvait-on la trace des conversations antérieures entre les deux délégués. Une rapide lecture suffît à noUre représentant pour se convaincre qu*il n'en était rien. Non seulement le projet allemand ne <( simplifiait » quoi que ce fût, mais, faisant table rase des entretiens qui s'étaient succédés depuis le ^6 janvier, passant outre aux promesses de conciliation formulées par le délégué allemand dans la dernière entrevue, il reprenait intégralement toutes les exigences initiales de l'Allemagne et faisait de la Banque d'État, au lieu d'un établissement financier, une machine de guerre politique contre l'influence et les droits de la France. Kgalité absolue entre toutes les puissances; silence pur et simple sur les droits du consortium ; refus d'adopter la législation française ; fixation à Tanger du siège social ; constitution du capital on pesetas; subordination du conseil d'administration composé de vingt-six membres à un conseil de surveillance constitué par le corps diplomatique ; afTectation des recettes douanières à la banque en déduisant « peut-être » la somme nécessaire au service de l'emprunt de 1904 : tels étaient les traits caractéristiques de ce projet qui, financièrement complexe et peu pratique, n'avait de signification nette que contre nous. Cette signification s'accusait, si l'on se reportait aux entrevues précédentes. M. RegnauU le fit observer à M. de Tattenbach en lui exprimant sa surprise. Celui-ci ne répondit rien. Si quelque incertitude pouvait subsister

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sur les mobiles, Tacte lui-même n*en comportait aucune : l'Allemagne inaugurait, à noire égard, dans la question de la banque, une politique hostile, et, au lieu d'un pas en avant, elle en faisait deux en arrière.

Ce n'était pas d'ailleurs un fait isolé. Le même jour, dans l'après-midi, M. de Radowitz se faisait annoncer chez M. Révoil :

— Je viens, lui dit-il, vous apporter la réponse de mon gouvernement à votre note de samedi sur la police. Je regrette qu'elle ne réponde pas à vos vues.

Celte réponse, divisée en deux paragraphes, était conçue comme il suit :

La condition que les officiers étrangers choisis par S. M. Chérifienne soient des officiers français et espagnols ne nous parait pas compatible avec le caractère international de Torganisation de la police.

Nous désirons donc maintenir nos propositions en nous déclarant prêts à examiner tout autre qui aurait comme point de départ le principe de Tégalité des droits pour tous accepté par la conférence.

M. de Radowitz essaya d'atténuer ce que ce refus avait de brutal et d'exprimer sa confiance dans une proposition nouvelle de notre part. Avec beaucoup de raison, M. Révoil lui fit remarquer qu'il n'y avait que peu de chances d'entente entre deux interlocuteurs dont l'un ne voulait rien céder. L'obstination de l'Allemagne à réclamer pour la police un « caractère international » ne reposait d'ailleurs sur aucun texte et le « principe » qu'elle invoquait n'avait d'autre base que sa volonté. Le protocole du 8 juillet 1905^ avait reconnu l'utilité de réformes de police et de réformes financières, « dont l'introduction serait réglée par voie d'accord international » : et rien de plus. En d'autres termes « Tiniroduction «des réformes devait se faire non par l'Allemagne ou la France ou toutes les deux ensemble, mais par la conférence. Quant à l'exécution des mesures ainsi arrêtées, la forme n'en était pas préjugée. Dans le protocole du 28 septembre ^ la formule était identique. Pas plus de celui-ci que du précédent on ne pouvait, par conséquent, déduire l'obligation que l'Allemagne tentait de nous imposer. De plus, en affirmant « l'égalité des droits pour

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