Voir appendice, page
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tous » dans l'ordre polilique, elle manquait à son engagement du 8 juillet de reconnaître notre « intérêt spécial ». Comme pour la banque, elle se contentait de répondre à nos offres transaclion« nelles par un impérieux sic volo. Depuis la dépêche Wolff, elle se tenait, en dépit des entretiens continués, en dépit de Tacceptalion éventuelle par la France du principe de la surveillance, à une intransigeance irréductible.
Simultanément, nous trouvions une preuve nouvelle de son active hostilité dans l'altitude incertaine de la délégation espagnole. A Madrid Je Uni et M. .Morel y avaient point varié '. Maisà Algésiras, le duc d'Almodovar, et plus encore son entourage, étaient visiblemont troublés. Ht nous ne rencontrions plus en eux la franchisedes jours précédents. Nous savions que l'article du projet allemand sur la banque, constituant le capital en pesetas, avait étéàTavance connu d'eux : ils ne nous en avaient rien dit. Le 19, à la fîn de la journée, c'est-à-dire après l'entrevue de M. de Tattenbach avec M. Regnault et de M. Révoil avec M. de Radowitz, la délégation espagnole faisait remettre à M. Ilévoil, en vue de la séance qui devait avoir lieu le lendemain matin 30, un questionnaire sur la banque, dont elle ne lui avait jamais parlé et qui n*élait pas favorable à la France. Ce silence répondait mal à l'engagement réciproque, pris dès le début de la conférence par les représentants de la France et de l'Espagne, de n'avoir l'un pour l'autre rien de caché. M. Révoil, sans protester, se contenta de faire remarquer qu'il lui fallait le temps d'étudier le questionnaire; de demander et d'obtenir la remise de la séance à l'après-midi. Ce qu'ayant appris, M. de Tattenbach se fâcha et exigea de la présidence qu'avec le questionnaire on imprimât son projet, qui, effectivement, fut imprimé et distribué : le tout, sans que, celte fois encore, M. Révoil fût averti. Petits symptômes, dira-t-on, mais auxquels on ne pouvait se tromper et qu'un autre allait confirmer.
Dans la soirée, en effet, de celte journéer du 19, qui devait être, jusqu'au bout, mauvaise pour la France, le duc d'Almodovar venait voir M. Révoil et après lui avoir parlé avec émotion des difficultés de l'heure présente, il lui disait son désir de trouver, malgré tout,
\. Voir ci-dfSjfoua, pagL- 207.
LE CONFLIT ib9
une solution. Une note, qu'il tirait aussitôt de sa poche, énonçait celte solution. Aux termes de cette note l'Espagne, tout en exprimant son regret de l'opposition allemande, déclarait renoncer pour sa part, en raison de son désir d'entente, à la combinaison franco-espagnole. La police serait organisée par le Sultan, sous le contrôle du corps diplomatique et pour trois ans, avec des instructeurs exclusivement marocains', sauf à Télouan et à Oudjda. La France était conviée à la même renonciation, sa situation à Oudjda faisant équilibre à celle que TKspagne réclamaità Tétouan. Les deux puissances apprécieraient, au bout des trois années, si elles devaient reprendre les prétentions qu'elles abandonnaient provisoirement. Sans doute, le duc d'Almodovar déclarait que ce netait là qu*une suggestion personnelle. Si nous n'en voulions pas, il n'en soufflerait mot à personne. Personne d'ailleurs ne lui en avait parlé... M. Révoil, qui savait que le représentant de l'Espagne, plus influençable qu'audacieux, n'aurait pas pris de Uiiméme une initiative si contraire à son attitude précédente; qui se rappelait d'autre part que, le même jour, avant le déjeuner, M. de Tatlenbach avait parlé d'une combinaison analogue ^ avait le devoir de protester énergiquement. Il invoqua les accords franco-espagnols, sauvegarde des intérêts respectifs des deux pays. 11 montra que, de ces accords, plus nécessaires que jamais si la conférence échouait, l'Angleterre était garante. H ajouta que la combinaison proposée serait, de la part de l'Espagne et de la nôtre, non pas une concession, mais une abdication ; que, notamment, nous donner Oudjda, c'était nous donner ce que nous avions déjà, puisque la police de la frontière ne regardait pas la conférence. Il signala la nécessité de resserrer l'union, pour résister solidairement à la pression allemande. Le duc d'Almodovar nia cette pression : mais, au même moment, et, de l'aveu des gouvernements intéressés^ elle s'exerçait avec une violence inouïe dans toutes les capitales et à Madrid plus qu'ailleurs. A Algésiras, du moins, elle n'aurait d'autre résultat, — puisque le projet espagnol était par notre résistance rejeté dans les limbes d'où il n'aurait jamais dû
1. Seules devaient subsister les missions militaires existantes.