‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 112 sur 357 · Voir ci-<I«*î^sus, pa^^ lii · texte numérisé non relu

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par celle proposition, nous démontrions péremptoirement notre désir d'entente ; que TÂllemagne^ au contraire, parlait toujours du sien, mais ne le prouvait point par ses actes. Cette fois encore, 19 février, M. de Bulow fut irréductible. Et avec plus de raideur que de coutume, il invoqua, au lieu d'arguments positifs, la dignité de l'Empire « et de l'Empereur lui-même ». En quoi cette dignité eût-elle souffert, le 49 février, d'une solution qu'elle devait accepter le â6 mars ? Il est impossible de le comprendre ; mais, avec une obstination irritée, le chancelier se butait à ses prétentions, incri- . minait notre mauvaise volonté et notre violence, s'en prenait à nos « coloniaux », dont, selon lui, M. Révoil était Tagent docile et semblait, en On de compte, prêt à revenir soit au système des secteurs, soit au mandat conféré à une puissance tierce. Dans ces perpétuelles variations, un seul point fixe, par conséquent : le refus de tout ce que nous proposions, la méconnaissance de tout ce que nous cédions, la volonté de tout 'ce que nous repoussions.

M. de Bulow ne se bornait pas à opposer ce refus aux démarches, de M. d'Osten-Sacken. Il en informait soit à Berlin soit ailleurs tous ceux qui pouvaient nous le redire. Un jour, c'est au comte Lanza, ambassadeur d Italie, qu'il affirmait sa résolulion de n'accepter « jamais » la police franco-espagnole. Un autre jour, c'est M. de Szœgyeny Marich, ambassadeur d'Autriche, qu'il prenait pour confident de celte résolution « inébranlable ». En même temps, et comme s'il eût craint que le comte d'Osten-Sacken, ne suffît pas à renseigner sur ses dispositions le gouvernement russe, il envoyait M. deSchœn, ambassadeur d'Allemagne à Saint-Pétersbourg, les confirmer au comte Lamsdorf. M. de Schœn, ancien ministre à Copenhague, ancien conseiller d'ambassade à Paris, était doublement sûr d'être écoulé, car on savait que la faveur impériale avait fait son rapide avancement. Quand donc il venait informer le ministre ^usse que l'Allemagne n'accepterait pas les propositions de notre note du 17, sa parole ne pouvait manquer de produire impression. Le vélo opposé à nos offres était comme aggravé par cette communication superflue.

Ce veto se compliquait d'ailleurs de récriminations. Depuis le début de l'affaire marocaine, l'Allemagne s'était fait de la susceptibilité une sorte de monopole. Sans prendre garde aux blessures qu'elle portait, elle se plaignait sans cesse de celles

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qu'elle recevait. Dans le cas présent, M. de Schœn n'allachail point (1 importance aux fausses nouvelles de l'agence Wolff ', aux polémiques delà Gazette de l'Allemagne du Nord^ qualifiées de grossières par la Gazette de Francfort elle-même, à tant d'autres encore ou pénibles ou injurieuses pour la France. Mais il déclarait que les articles du Temps étaient « intolérables » et que le chaacelier en était exaspéré^. Ignorer les provocations et protester contre les ripostes, c^est une tactique que nous allions retroa?er devant nous jusqu'au bout du débat. Quelques jours plus tôt, sii^ un autre terrain, cette mauvaise humeur s*était marquée d'ailleurs à notre endroit dans une conversation entre M. Grozier, miaistre de France à Copenhague, et le prince de Reuss, secrétaire del^* légation d'Allemagne dans cette ville. Le baron de Courcel, ambas'^ sadeur extraordinaire aux obsèques du roi Christian ^, avait prid M. Crozier de lui ménager une audience de la reine d'Angleterre et une audience de Tempereur Guillaume : rien de plus naturel, do la part d'un ancien représentant de la France à Berlin et à Londres. En répondant à notre ministre que la brièveté de son séjour ea Danemark empêcherait l'Empereur de recevoir spécialement M. de Courcel, le prince de Reuss crut devoir ajouter que le ton de la presse française s'opposait aussi à cette réception. Le parti pris de nous brimer par une résistance injustifiable et de nous interdire toute révolte contre ces procédés se manifestait donc un peu partout. Nous étions loin des promesses d'obligeance, de bonne grâce, d* aaide», qu on avait prodiguées pour dous amener à la conférence. Au lieu d'aide, nous trouvions la résistance. Et la résistance même allait céder la place à une active hostilité.

La manœuvre dirigée contre nous avait deux faces. D'une part on nous accusait de manquer à nos promesses et de compromettre,

i. Voir ci-dossus, page 167.

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