Voir ci-dessous, page
d'abord par Tobstination de nos négociateurs, ensuite par la violence de nos journaux, le succès de la conférence. D'autre part on affeclail en ce succès une absolue confiance, marquant du même coup celle que Ton avait de nous voir céder jusqu'au bout. Parallèlement, une pression, habilement exercée sur nos amis tendait à les détacher de nous soit par des avances soit par des menaces. Nullepart mieux qu'à Saint-Pétersbourg cette double lactique ne fut visible. M. de Schœn, à deux reprises successives, alla se plaindre au comte Lamsdorf de notre manque de bonne volonté. Le comte, avec grande raison, observa que, depuis le début, nous étions seuls à en avoir montré. Démission de M. Delcassé, acceptation de la conférence, passage du mandai unique au mandat franco-espagnol, adhésion éventuelle à des garanties de contrôle, n'étaienl-ce point là des concessions? M. de Schœn, n*ayant rien à répondre, nous accusa alors de violer les promesses faites au ^ Rosen '. Et comme le comte Lamsdorf marquait quelque doute i cet égard, l'ambassadeur reprit :
— Je vous apporterai des documents qui vous prouveront que, non seulement M. Rouvier s'était engagé à ne pas solliciter le mandat général, mais encore qu'il avait accepté le mandat interoafional.
Quelques jours après, M. de Schœn revenait avec ses « documents », — il aurait dû dire son document, car ce document était unique. C'était un télégramme récent du D' Rosen affirmant une fois de plus la renonciation de M. Rouvier. Ce télégramme visait une dépêche du président du Conseil, en date du 25 septembre 1905, dans laquelle celui-ci disait : « J'ai au même degré que le gouvernement impérial le désir d'éviter tout désaccord flagrant entre nous à la conférence ^ » Et M. Rosen traduisait : « Je m'engage à ne pas demander le mandat général. » Traduction hardie, si l'on songe que celte lettre est celle-là même où M. Rouvier dit avec une netteté contre laquelle l'équivoque n'a point de prise : « En dehors de la formule signée par les deux gouvernements J'entends n'avoir d'engagement sur aucun point. » Le comte Lamsdorf, qui connaissait celle lettre et pouvait apprécier à sa