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iiiiui^lôiv Sonnino.
g:râce à la conférence, toute l'afifaire marocaine «Hait remise en question*? La situation de M. Sonnino était difficile. D'abord, il ne pouvait faire abstraction des engagements de ses prédécesseurs, — et notamment du marquis Visconti-Venosla, — vis-à-vis de la France. Il savait mieux que personne qu'en refusant à Tltalie la « garantie de ses intérêts primordiaux », c'est-à-dire méditerranéens, la Triple-Alliance lui avait laissé la liberté de prendre, pour la sauvegarde desdits intérêts, les mesures que lui suggéreraient les circonstances. Il savait enfin que les accords angloitalien et franco-italien, conclue dans Texercice de celle liberté, n'avaient pas provoqué d'objections de la part de rAllemagne-. 11 n'ignorait pas davantage que le marquis Visconli-Venosta n'avait consenti a aller à Algésiras qu'à condition d'être absolument libre de son action. Si, comme le dé.sirait M. de Monts, on se fût avisé de lui envoyer des ordres, on se serait exposé à recevoir par dépêche sa démission. A mois couverts, le président du Conseil et le minisire des Affaires étrangères confièrent à l'ambassadeur d'Angleterre leur embarras. Sans doute, à mesure que la conférence s'acheminerait vers sa crise, cet embarras ne ferait que s'accroître. Y avait-il du moins un moyen. d'en sortir provisoirement et de reculer l'inévitable échéance f Après quelques hésitalions;~~on répondit à M. de Monts en l'informant des conditions spéciales dans lesquelles le marquis Visconli-Venosta était parti à Algésiras ; en conseillant par conséquent que le prince de BQlow s'adressât à lui directement. Puis, par une combinazione bien italienne et d'ailleurs fort honorable, on nous avertit discrètement de cette procédure, pour mettre M. Révoil à même de répondre sur le môme terrain. Ce n'en était pas moins une position précaire et, à tout instant, nous pouvions craindre que l'équilibre instable ainsi assuré ne fût, par une nouvelle et plus forte pression de TAllemagne, rompu à notre détriment.
Cette pression s'exerçait à Madrid de façon aussi énergique qu'à Rome et elle y trouvai ta son service de plus puissants instruments. Elle tentait tour à tour de troubler M. de Ojeda, M. Moret, le roi lui-même. Tantôt M. de Stumm annonçait l'échec de la confé-
1. C'est ce qu'avait «lit le conilo de Tallenbach à sir Artliur Nicolson le 3 février (Voir ci-dessus page 148).